Werchter jour 2 : déprime time (un peu quand même)

Frontstage - Till - 1

Que voulez-vous, il y a des jours comme ça où rien ne va comme on le voudrait. Tenez, ce vendredi à Werchter, par exemple : on aimerait un petit peu de soleil dans une météo à la pluie depuis le réveillon, mais non, ça fuite, ça pisse et ça flotte qu’on en deviendrait bien mollusque. En ce jour 2 plutôt light, ça ne détonnerait même pas.

Jagwar Ma doit se passer de son chanteur, dont on dit ici officiellement qu’il ne pourra rejoindre les lieux à temps. Par la force des choses, le concert des Australiens d’origine se transforme alors en dj set… Avec Bring Me The Horizon, le groupe de Sheffield, on retrouve d’une certaine manière ce qu’on appelait dans le temps le rock FM. Les sons et les propos un peu durs mais en réalité passe-partout et donc pas exempts de clichés.  Aujourd’hui, côté main stage, on dit metalcore, mais ce romantisme de rebelle tatoué reste quand même assez convenu. Le groupe reviendra le 12 novembre à Forest National.

Quelques centaines de mètres de crawl dans la boue plus loin, The Barn accueille Daughter. Un vrai groupe européen, dites donc, en ces temps de Brexit : la chanteuse anglaise est d’origine italo-irlandaise, le guitariste est suisse et le batteur, français. Le groupe est signé chez 4AD, travaille à Londres et s’est signalé en son temps par une cover de « Get lucky » autrement moins scie que la version originale. Elena, la chanteuse donc, est visiblement touchée par l’accueil ; l’un des cameramen ne loupe pas la rose qui atterrit à ses pieds. Daughter plane quelque peu entre dream pop et shoegaze, c’est fort joli, mais on ne s’éloigne jamais non plus beaucoup des canons alanguis du genre.

Frontstage - Daughter

Il y a moitié moins de monde pour Richard Hawley que pour Daughter, mais tant mieux dans un sens : on arrive ainsi plus vite devant, histoire d’apprécier comme il se doit le British tout en jeans et son groupe. Qui commente vite fait le Brexit : « Un, nous sommes de Sheffield, deux, nous sommes anglais, trois, nous sommes européens et fiers. » Notez : pas besoin de cette « confession » pour se mettre The Barn dans la poche. Il suffit d’une poignée de chansons intemporelles et ouvragées tout en même temps, pétries d’honnêteté. « Standing at the sky’s edge » en est une de celles qui te retournent comme une murder ballad à la Nick Cave ou à la Mark Lanegan. Puis vient « Open up your door », une histoire d’amour toute con, toute belle. Tantôt rockeur, tantôt crooner, le presque quinqua change de gratte entre chaque morceau, le temps d’un set forcément trop court.

Richard Hawley

Sur le coup de 21h, les Diables Rouges entament leur quart de finale… Dans l’après-midi, on a croisé à Werchter deux ou trois drapeaux gallois : certains ne se seront décidément pas équipés pour rien !

Juste avant l’explication entre le pays des moules frites et celui du poireau, At The Drive In aura tenté de ressusciter un peu de l’électricité d’antan, mais sans éviter le piège du surjeu. La voix de Cedric Bixler passe mal, c’est pas la meilleure reformation de ces derniers mois. Quant à Robert Plant et ses Sensational Space Shifters, on pourrait réécrire ce qu’on a déjà réécrit ici à propos de l’ex-Led Zep et du groupe avec lequel il tourne depuis 2012 : que du positif. Mais pas assez pour effacer « ze » déconvenue qui s’annonce…

Frontstage - Till 2

Trois buts dans les dents : il faut bien toute l’artillerie de Rammstein pour faire passer la pilule pendant quelques instants. On dira ce qu’on veut de la panzer division à Till Lindemann (le guitariste joue les paras, descendant sur scène depuis une plateforme mobile), mais ces poètes-là réservent toujours l’une ou l’autre amusante surprise malgré leurs recettes aux ingrédients limités (pyrotechnie et pyrotechnie, entre les « Du hast », « Keine lust » et autre « Ich will »). Cette fois, ce sera par exemple le même Lindemann, arrivé vêtu de blanc comme un amuseur de cabaret louche, qui se désape pour laisser apparaître un gilet explosif… qu’il déclenche dans une gerbe d’étincelles. Mais nondedjeu : trois goals, quoi… Saleté de mois de juillet !

Didier Stiers
(Photos : Mathieu Golinvaux)

 

Setlist Richard Hawley : Which way – Tonight the streets are ours – Standing at the sky’s edge – Leave your money – Open up your door – Down in the woods – Don’t stare at the sun – Heart of oak

Setlist Rammstein : Ramm 4 – Reise reise – Hallelujah – Zerstören – Keine lust – Feuer frei – Seemann – Ich tu dir weh – Du riechst so gut – Mein herz brennt – Links 1 2 3 4 – Ich will – Du hast – Stripped (cover Depeche mode) Rappels : Sonne – Amerika – Engel

 

 

Didier Stiers

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