La planète Wilco en Venise du Nord

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Pour le premier de ses trois jours, le Cactus Festival brugeois accueillait les Américains de Wilco, en exclusivité cet été un peu plus de trois mois avant leur double visite à l’Ancienne Belgique les 27 et 28 octobre 2016.
A l’inverse des autres festivals, le Cactus n’a quasi pas bougé depuis ses débuts en 1982 et encore moins au niveau de son identité. Dans le très vert et fort agréable Minnewaterpark, à deux pas de la gare de la ville qui a encore accru sa popularité suite au polar de Martin McDonagh In Bruges, on en reste à une scène par jour. Cinq groupes et artistes le vendredi et huit les deux autres journées. Avec à chaque fois une volée d’exclusivité et un sentiment de quiétude qui contraste avec les autres raouts de saison. Si il y avait encore des tickets pour hier vendredi et demain dimanche, ce samedi était complet (le plafond est fixé à 9.000 personnes), pour les trois concerts exclusifs (sic) de Damien Rice, Gregory Porter et Laura Mvula.
Vendredi, donc, à 23 heures pile poil, le sextet de Chicago emmené par Jeff Tweedy, impeccable chapeau blanc vissé sur la tête et guitare en bandoulière, a d’entrée de jeu attaqué avec « More… » emprunté à Star Wars, dernier album des Américains. Sous forte influence Beatles sans doute grâce au timbre proche de John Lennon, Wilco justifie en un morceau son statut de tête d’affiche incontestable. Au point que le groupe fait oublier le concert de Black Box Revelation, coincé de manière assez incompréhensible entre Calexico, impeccable comme toujours, et la clique à Tweedy.
Comme la formation de Tucson articulée autour de Joey Burns et John Convertino, Wilco joue sur la générosité et le plaisir palpable de vivre un moment unique avec son public. D’ailleurs, pendant le très Television « Spiders (Kidsmoke) », Tweedy a demandé au public de claquer dans les mains en concédant que c’était peut-être stupide mais que cette notion de partage était « nice ».
Voir de nos jours un groupe qui joue la majorité du temps avec trois guitares – à l’instar de Neil Young- reste quelque chose de grisant, d’exaltant, d’incroyablement excitant. Grâce au groove quasi permanent de la section rythmique et des percussions, les guitares cristallines, aériennes et en embuscades se taillent la part belle. Voir Jeff Tweedy passer le relais d’un solo (« Spiders (Kidsmoke) » ou « Impossible Germany ») est toujours aussi emballant. Autour d’un répertoire classique en forme de « best of » (« I am trying to break your heart », « Via Chicago”,…).
Wilco est assurément un grand groupe, peut-être celui qui a remplacé R.E.M. dans son pays natal. Comme Eels –les deux formations véhiculent d’ailleurs les mêmes influences seventies- Wilco possède une maîtrise technique mais pas prétentieuse impressionnante à souhait. Et si certains morceaux sonnent finalement très glam à la T-Rex, le groupe reste d’une classe folle.
La prochaine Guerre des étoiles, nous le disions, aura lieu à l’Ancienne Belgique, théâtre déjà de concerts d’anthologie d’un groupe somme toute unique et toujours pertinent.

Philippe Manche


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