Dour jour 4 : « C’est de l’amour, mes frères ! »

Frontstage - King Khan 1

De l’amour et des tympans qui explosent, c’est le menu de ce samedi !

Le menu de ce samedi entamé avec le bon concert de Moaning Cities, un deuxième après celui de la semaine passée aux Ardentes. « Nous prenons plus de libertés, nous disait alors Juliette, la bassiste. Il y a des moments où on ne sait pas ce qu’on fait, mais on fait quelque chose. » Du rock psyché, qui vit, distillé par un groupe sans cesse plus à l’aise. Ça s’appelle l’expérience.

Odezenne au Dance Hall, ça s’appelle la joie. La fête… Presque la partouze : on avait déjà croisé l’une ou l’autre poupée gonflable ici et là pendant un concert, mais quand les Bordelais entament « Je veux te baiser », elles se multiplient et son bientôt une dizaine à entamer au-dessus des têtes une relecture du Kamasutra. Juste plus évocateur que le type monté à poil sur les épaules de son copain vendredi pendant le concert de La Femme. Mais moins que les grands vagins en plastique vus sur scène avec – qui d’autre ? – Peaches. « C’est de l’amour, mes frères », précise Jaco. C’est sûr !

Frontstage - King Khan 2

King Khan et ses Shrines. King Khan et ses cuivres. King Khan et son claviériste fou roi du slam… avec tambourin. King Khan avec sa poupée gonflable lui aussi, et qui dédicace un titre à tous les transsexuels. Sauf ceux à barbe, parce que ceux-là son « scary » (sic). Quand il s’agit de mélanger détente, rhythm’n’blues et garage, l’entertainer de Montréal est toujours une valeur sûre.

Ce samedi, c’est encore l’affiche du Labo qui fait le plus saliver. Des groupes à grattes : rien de tel pour se prémunir de l’overdose de beats qui déferle sur Dour une fois la nuit tombée. Entre JC Satan, Fat White Family, Protomartyr et Soft Moon, c’est Destruction Unit qui fait la plus forte impression. Visuellement, avec ses six guitares et ses colonnes de Marshall, et surtout auditivement, avec une sorte de punk/noise psychédélique saturé et joué à volume maximal. Agression totale : c’est enragé et jusqu’au-boutiste, à l’image de ce final d’un quart d’heure qui ressemble à un long larsen cataclysmique.

Frontstage - Destruction

Reste que l’invité le plus attendu du jour est Joseph Junior Adenuga. Alias Skepta, qui monte sur scène dans une Boombox pleine comme un œuf. Avec vingt minutes de retard, mais soit. Le roi du grime, ce mélange de rap, de dancehall, de jungle et de UK garage, devait être ici l’an dernier mais avait fait faux-bond aux organisateurs. Cette fois, il est là et bien là : beat lourds, flow implacable… et grappe de singes qui vont s’accrocher aux mâts du chapiteau. Mission accomplie !

N’empêche, à cette heure (genre 23h30), c’est encore le fuzz dingue de Destruction Unit qui reste dans les oreilles : ben non, le rock n’est pas mort, et il peut encore bien vous exploser à le gueule !

Didier Stiers
(Photos : Mathieu Golinvaux)

 

 

Didier Stiers

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