Dour jour 5 : Pixies, Paz & love

Frontstage - Pixies - 1

La dernière ligne droite, le sprint final, le rush ultime, appelez-le comme vous voulez, mais le dimanche à Dour n’est pas fait pour se reposer. Et d’abord, on a été papoter avec les Pixies…

A quelques heures de monter sur scène, Frank Black et Paz Lenchantin sont assis à la terrasse de leur hôtel montois. Les Pixies arrivent à Dour avec un nouvel album sous le bras. Enfin presque : Head carrier sortira le 30 septembre, sous un artwork toujours signé par Vaughan Oliver. Alors ? Concert promo au menu du soir ? Ou best of, histoire de se mettre la plaine de la Machine à Feu dans la poche ? « Il y a un nouvel album en ce qui vous concerne, corrige le premier, mais le public lui n’en connaît rien. Il en saura quelque chose l’été prochain quand nous jouerons dans ces festivals, ces affreux, atroces festivals ! » Il se marre. « J’imagine que chacun dans le groupe apprécie quelque chose en particulier dans le fait de tourner. Pour moi, c’est… satisfaisant, même si nous tournons principalement « en occident », de découvrir en tant qu’anthropologue de salon les différences subtiles entre les pays. Entre… la Belgique et la Grèce. Entre l’Ohio et l’Écosse… Le langage corporel des gens, leur alimentation, leur manière de brasser la bière, que sais-je encore. C’est très intéressant d’avoir en permanence ce genre de petite stimulation. Même pendant une journée ennuyeuse comme celle-ci. C’est dimanche, je suis dans le p… de sud de la Belgique, et je suis… là. Je savais que ce serait calme, en me levant, ce n’était pas très excitant ! » Paz éclate de rire : « Moi, j’ai pris un train pour Bruxelles, et je suis allée danser jusque 7 heures du matin ! »

Frontstage - Pixies - 2

Dour, même jour, 22h. Quelle santé. La bassiste, qui a manifestement tapé dans l’œil du caméraman si l’on en juge par les plans choisis sur les grands écrans, marque de sa patte, sa voix et son sourire un groupe qui balance quatre extraits de ce fameux nouvel album (« Head carrier », « Classic masher », « Baal’s back » et « Um chagga lagga »). Evidemment, ce sont « Monkey gone to heaven » et « Where is my mind », avec le patron à la guitare acoustique, qui sont repris par le public auquel les Bostoniens n’offrent certainement pas le concert de leur carrière mais un bon concert quand même. Sur le visage de Frank Black, l’ombre des montures dessine des sourcils méphistophéliques. Rageurs sur « Break my body » tiré du classique Surfer rosa (1988), presque touchants sur « Indie Cindy », les Pixies apportent leur touche rock à la conclusion de ces cinq jours débridés.

Flashback, retour en arrière, Dour jour 5…

Pour voir Cocaïne Piss, il y a intérêt à se lever tôt ! Avec eux, c’est toujours court et intense. A leur manière. Aurélie Poppins avait prévenu la sécurité qu’elle descendrait de scène comme elle le fait d’habitude. Il valait mieux ! « A l’AB, nous raconte-t-elle au coin presse, je suis restée couchée par terre un peu trop longtemps au goût d’un des types de la sécu et il a flippé parce qu’il croyait qu’il m’était arrivé quelque chose ! »

Frontstage - Cocaïne Piss

Intensité ? Le terme du jour, peut-être. Du dernier jour de ce Dour dans la chaleur qui esquinte les organismes (la chaleur et le reste). Le trio Ho99o9 n’en a cure : leur rap hardcore, c’est fait pour se martyriser les cordes vocales, brandir le poing, porter un pagne en bouts de moquette bleue et effectuer le salto arrière traditionnel. Au pied de la scène, ça se bouscule, forcément !

Frontstage - Horror

 

Avec Vald, l’intensité est par contre dans la déconnade. Au quart d’heure, ses rimes crues, ses textes wtf et son humour ont déjà fait mouche. Et un lancer de soutifs, un ! Chez Konono N°1, on ne sait pas non plus ce qu’est la fatigue. Le likembé est un instrument du diable, les percus et les voix achèvent le travail : dans ce chouette Labo transformé en chaudron, on en voit même qui font la chenille. Les Congolais passaient par Dour pour la première fois de leur vie : ils n’ont pas dû voir souvent ce genre de délire ! Mais c’est… Dour, quoi !

Didier Stiers
(Photos : Mathieu Golinvaux)

 

Setlist Pixies : Gouge away – Dead – River Euphrates – Magdalena 318 – Snakes – Velouria – Bone machine – Crackity Jones – Isla de encanta – Wave of mutilation – Monkey gone to heaven – Classic masher – Subbacultcha – Hey – Where is my mind ? – Here comes your man – Vamos – La la love you – Greens and blues – Break my body – Brick is red – Indie Cindy – Head carrier – Um chagga lagga – Rock music – Baal’s back – Tame – Caribou – Debaser

 

Didier Stiers

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