Peter Doherty a clôturé en beauté un BSF très réussi

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Cette quinzième édition du Brussels Summer Festival, qui s’est terminée dimanche par le concert émouvant de Peter Doherty, a été une triple réussite: sécuritaire, publique, avec 115.000 spectateurs, et artistique.

Les organisateurs du BSF peuvent pousser un ouf de soulagement. Le plus gros festival outdoor de Bruxelles a dû s’adapter à une actualité menaçant toutes les manifestations de masse. En décidant de ne pas annuler cette quinzième édition, tout en en renforçant la sécurité, l’équipe de Denis Gérardy a choisi la bonne solution. La première bonne nouvelle est bien sûr venue du fait qu’aucun incident grave n’a été signalé au cours de ces dix jours de concerts à la Madeleine, au Mont des Arts et à la place des Palais. Le seconde, c’est que le public s’est déplacé en masse, supportant avec philosophie et dans la bonne humeur, les désagréments inhérents aux mesures exceptionnelles prises: les longues files à l’entrée des sites n’amusent personne mais les fouilles corporelles ont le don de rassurer des festivaliers qui peuvent difficilement oublier la présence d’hommes en arme en nombre sur le site.
Mais rien y fait, pas plus qu’une météo comme toujours capricieuse: la foule est venue pour faire la fête. 115.000 personnes ont fait le déplacement au coeur de Bruxelles dix soirs durant. Ce qui est, proportionnellement au nombre de jours, un score aussi bon que l’an dernier.
L’affiche, enfin, autant sinon plus que le geste citoyen consistant à ne pas laisser parler sa peur, est responsable de cet engouement populaire. L’équilibre entre stars et découvertes, artistes internationaux et belges, dans des styles toujours aussi éclectiques, est également la clé de ce succès.
Hooverphonic et Hubert-Félix Thiéfaine ont attiré la grande foule alors que plus d’un soir, la place des Palais a dû afficher sold-out. Les Tindersticks et Balthazar, jeudi, n’ont pas bénéficié d’une météo clémente mais dès vendredi, le ciel a béni un festival qui a accueilli Louise Attaque comme il le méritait. Les Parisiens, qui jusqu’ici n’avaient fêté qu’à l’AB leur grand retour, ont été célébrés comme il se doit (avant de nous revenir à Namur à la Fête des Solidarités). La qualité du son, la douceur de la nuit et leur répertoire en or massif ont fait le reste. Samedi, il fallut refuser du monde, tellement les fans de Louane, de Coeur de Pirate et de Lost Frequencies qui jouait dans son jardin, se sont additionnés. Là aussi, ils furent peu nombreux à être déçus d’avoir fait le déplacement. Felix De Laet, avec ses invités, a en tout cas dignement tenu son rang et fêté le record qu’il vient d’établir en Flandre en plaçant ses trois premiers singles en tête de l’Ultratop dès la première semaine.

Peter en toute grande forme

Dimanche, le temps parfait s’est prolongé et Cocoon a eu du mal à cacher sa joie d’ainsi lancer sa nouvelle tournée, cinq ans après s’être retrouvé sur le même podium. Il nous a offert, en primeur, les perles du nouvel album à paraître dans quelques jours. Il ne faudra pas manquer le prochain passage en salle de la bande à Mark Daumail: ce concert est un vrai bonheur!
Et puis est arrivé Peter Doherty, que les organisateurs, sur contrat, attendaient seul, dans la foulée d’une longue tournée avec les Libertines. Mais c’est bien avec son groupe mixte (sa violoniste et sa claviériste d’un côté, son batteur et son bassiste de l’autre) que l’enfant d’Albion s’est présenté, avec un mystérieux sac à dos. Il aurait pu y mettre les cadeaux que ses fans avaient prévu, comme ce chapeau trop grand qu’il a brièvement gardé sur la tête.
Pete était de très bonne humeur, s’exprimant en français pour souhaiter au festivaliers un bon anniversaire avant de passer en revue son élégant répertoire, passant des pépites de son seul album solo vieux de sept ans maintenant (on attend la suite!) aux incunables des Libertines et de ses Babyshambles. Les enchaînements sont parfois un peu décousus mais cela fait partie du charme du poète s’exprimant à l’instinct sans se contenter de reproduire à l’identique ses disques. La beauté de ses chansons et la qualité d’un groupe bien en place ont suffi à notre bonheur. Ainsi se terminait de fort belle façon un festival qui a tenu toutes ses promesses et plus encore… On se retrouve l’année prochaine pour une seizième édition qui, espérons-le, se déroulera dans une ambiance et des conditions plus détendues, voire insouciantes. THIERRY COLJON
PHOTO SYLVAIN PIRAUX


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