Pukkelpop : un jeudi en quatre temps

Frontstage - The Kills 2

Il n’y en a pas eu que pour Riri, en ce premier « vrai » jour de Pukkelpop. Au Grand Bazar des genres, il y a toujours moyen de trouver son plaisir…

Cinématique
Avec Flying Horseman. C’est le groupe de l’excellent Bert Dockx, complice anversois de Lyenn dans Dans Dans. On lui doit notamment Night is long, un album bourré d’atmosphères sorti l’an passé, et ici, un concert tout pareil. Avec du rêve, du frisson, des paysages de cinéma, une guitare dont il joue comme personne et deux claviéristes dont les chœurs dispensent comme un drone hypnotique. Là, ce jeudi est magnifique.

Rock
Hypnotique n’est pas vraiment le terme qu’on emploiera pour évoquer le métal pratiqué par les Californiens de Neurosis, plutôt portés sur les longues compos épiques que les simples « chansons » et les compromis. Quand on comprend que cette musique et leurs textes évoquent tous les côtés obscurs de l’Homme, ce n’est pas très rassuré qu’on sort du Shelter. Mais quelle claque ! Rock aussi, mais avec un peu de synthé et en moins métallique, les Kills ont joué et bien joué la carte sexy. Feu purificateur ou électricité salvatrice, choisissez !

Frontstage - Neurosis

Frontstage - Kills

Clubbing
Avec Cassius, la party débute à 20 heures, s’interrompt quelques minutes pour cause de coupure de courant – ça c’est con – puis redémarre sous un dance hall tropicalisé. Entendez : Zdar et Boombass, survêtements de sport pour rigoler, sont juchés sur un décor figurant un volcan encadré de palmiers, et puis derrière eux, les lights ont un petit quelque chose d’une discothèque miami-esque des seventies. Plus que d’Ibiza en tout cas, même si la moitié du nouvel album du duo est inspirée par l’île… Et l’autre par la Californie, d’où le titre : Ibifornia. Sortie ce 24 juin (avec du Cat Power, du Mike D des Beastie Boys et du Pharrell dedans). Il paraît que la house est de retour : sans révolutionner les choses mais fidèles à leurs origines, ils y contribuent.

Frontstage - Cassius

Féminin
Chez les Suédois/Californiens de Blues Pills, on vénère autant le rock des sixties et des seventies que l’imagerie hippie et art déco. Musicalement, c’est déjà pas mal entendu mais ça en rassure certains. Tiens, un plan de guitare à la Ram Jam (« Black Betty ») ! Dans le genre vintage, mais avec un peu plus de mordant, on préférera Kadavar, vu à Dour cet été. Par contre, la chanteuse Elin Larsson a le chic pour ne pas s’économiser. Et malgré sa combi moulante (sur une certaine chaine de télé on appelle ça un « fashion faux-pas ma chérie »), elle dégage un énorme capital sympathie : vous en connaissez beaucoup, vous, des artistes qui répondent systématiquement aux coucous de la main qu’on leur fait depuis la salle ? Accueil et retour sympas aussi que ceux vécus pendant le concert de Warpaint. Vestimentairement, c’est carrément le festival de la fripe, mais les quatre de Los Angeles, même si leur son s’est poppisé depuis les débuts, distillent toujours un petit quelque chose d’agréablement psychédélique. On aurait bien aimé un rappel après l’heure réglementaire, mais nada : au Pukkelpop, il y a aussi un… règlement ! On se consolera avec le troisième album, Head up, annoncé pour le 23 septembre.

Frontstage - Warpaint

Didier Stiers
(Photos : Mathieu Golinvaux)

 

Didier Stiers

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