Les Insus? à Forest: Insupportables ou Insuffisants?

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Trente ans après leur séparation, Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac et Richard Kolinka se sont retrouvés, jeudi, sur la scène de Forest National pour interpréter le répertoire de Téléphone.

Ils ont tous les trois entre 61 et 63 ans et cela fait 30 ans que Louis et Jean-Louis – avec derrière eux le même Richard – reprennent séparément ces chansons de leur jeunesse et de la nôtre. Véritable patrimoine national en France où la tournée de reformation sous le nom de Les Insus? a tout de suite affiché complet, Téléphone 2016 n’a pas fait le plein à Forest National jeudi. Mais presque… L’ambiance était là et ils étaient tous chauds les quinquas majoritaires pour se payer une bonne tranche de rock en français. Car Téléphone, c’était ça, de 1976 à 86: les Stones français, disait-on même à l’époque. C’est d’ailleurs sur les Rolling Stones qu’entrent nos trois gaillards flanqués du jeune bassiste Aleksander Angelov, en remplacement de Corine non conviée au banquet du souvenir.

Avant eux, tout un symbole: Last Train, jeune groupe de rock français chantant en… anglais. C’est l’époque qui veut ça. Oui, Téléphone est bien un dinosaure d’un autre temps. D’ailleurs les Insus? n’ont jamais prétendu faire autre chose que prendre du bon temps en jouant les vieux tubes. Pas de nouveauté à l’horizon. Après cette tournée, chacun retournera à sa vie professionnelle bien remplie.

Ouvrant par “Crache ton venin” et “Hygiaphone”, le concert n’est d’abord qu’une bouillie sonore de guitares saturées héritées d’un autre temps, dans ce même lieu. A croire que l’ingé son était le même que celui de Téléphone et qu’il voulait se la jouer vintage. Il faudra se montrer patient avant que la voix de Jean-Louis ne perce enfin de ce magma insupportable. “Argent trop cher” et “La bombe humaine” nous mettent de bonne humeur avant que “Cendrillon” n’enfile ses plus beaux atours. Evidemment, il a des baisses de régime (tout n’est pas chef-d’oeuvre!) et il faudra passer le traditionnel set acoustique pour que la salle se réveille sur “Le jour s’est levé” (avec l’insert hommage à Bob Dylan sur “Like a Rolling Stone”), “Dure limite”, “New York avec toi” et “Un autre monde”. Pour le rappel, on retiendra le très beau “ça (c’est vraiment toi)” où Louis et Jean-Louis, dos à dos, jouent chacun sur la guitare de l’autre. Belle histoire d’amitié (au-delà du montant exorbitant de leur cachet!) qui aura en tout cas réussi – en plus de deux heures, ce qui fut amplement suffisant – à faire passer un très bon moment à ces fans qui ont pu se dire: c’était le bon vieux temps!

THIERRY COLJON


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7 commentaires

  1. Hahn

    14 octobre 2016 à 12 h 04 min

    Super concert n’en déplaise au journaliste grincheux

  2. Mr Wang

    14 octobre 2016 à 12 h 19 min

    Exactement! Est-ce que ça a encore du sens de chanter “Argent, trop cher!” quand on s’octroie des cachets aussi indécents? Surtout quand la carrière est faite et qu’on peut dormir sur son pactole.

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