Que reste-t-il de Ben Harper?

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Ben Harper était de retour à Forest National avec ses Innocent Criminals une quinzaine d’années après ses jours de gloire. Le temps passe…

La surprise avait été double. D’abord celle de retrouver Bernard presque par hasard à Werchter, l’an dernier, avec ses vieux comparses des Innocent Criminals. Ils nous avaient fait plaisir, ressortant les vieux diamants sans qu’on n’ose les demander. Ensuite avec un nouvel album convaincant et combattant, Call It What It Is, qui disait enfin ce que personne n’osait réellement dire sur les violences policières envers les Noirs aux Etats-Unis. Presque vingt-cinq ans après « Like A King » sur l’affaire Rodney King, Ben Harper serrait à nouveau le poing. Et ça faisait du bien. Las, ce mardi à Forest National, les choses retombèrent à plat. L’impression ne nous a pas quitté : pendant une bonne partie du concert, ce fut tristement business as usual.

Ca commence avec « Oppression ». C’est gentil, ça fait toujours plaisir, même si c’est un peu facile. Il enchaîne avec « Diamonds on the Inside » et on commence déjà à ne plus se sentir dans la fosse (qui est loin d’être remplie). « Don’t Take That Attitude To Your Grave » issu du premier et merveilleux album Welcome To The Cruel World. Et il faut attendre le quatrième titre pour que Bernard nous rappelle qu’il a un nouvel album en stock. Des fois que ça intéresserait quelqu’un…

Entre temps, il s’est déjà laissé aller à quelques mains sur le cœur les yeux fermés tout en insistant à plusieurs reprises que c’était « un privilège » de jouer pour nous. OK, Bernard. A combien, le cachet ?

C’est pas que ça joue mal (loin de là !) ou qu’on n’est pas heureux de réentendre les vieux tubes, comprenez, c’est toujours agréable. Il y a même des moments de grâce (« Roses For My Friend », « Excuse Me, Mr. », « Burn One Down ») qui nous ramènent dans le temps, le bonnet péruvien et le poing levé dans le vent, refusant la mondialisation (en espagnol dans le texte), conspuant George Bush, s’offusquant de l’invasion de l’Irak, ah !, c’était le bon temps !… Non, c’est pas ça qui nous ennuie, même s’il faut avouer que c’est tout de même fort gênant. Ce qui nous ennuie principalement, c’est que le Bernard a l’air de s’en battre les cojones avec son manche à guitare, mais alors à un point!… Il y a une expression pour cela : cachetonner.

Voilà quelqu’un qui a débarqué il y a vingt-cinq ans en jouant du blues assis comme personne. Quelqu’un qui était prêt à être le nouveau John Lee Hooker… et qui est devenu un chanteur de variété. Un chanteur qui porte un peu trop ses diamonds on the outside. Et qui donne à la plèbe ce que la plèbe est venue quémander.

Alors voilà, c’est reparti pour dix minutes de solo de basse sur « Fight For Your Mind ». Un solo bien envoyé, mais qui est envoyé de la même manière et au même moment qu’il y a vingt ans. Pendant ce temps, on tend une guitare accordée comme il faut au boss qui enchaîne avec son solo à lui sur lequel il semble s’endormir avant de se relever subitement, la larme à l’œil, pour dire à quel point il nous aime et nous remercie d’être présent, « vraiment, c’est trop sympa ! ». En bref, Ben Harper, aujourd’hui, c’est Coldplay avec un vrai groupe. Et ça nous broute.

« We can change the world with our own two hands », qu’il rabâche ensuite le poing serré. En tout cas, il fait bien semblant d’y croire…

DIDIER ZACHARIE
Photos SYLVAIN PIRAUX

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Journaliste lesoir.be

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3 commentaires

  1. charlène

    19 octobre 2016 à 13 h 27 min

    Quand on n’est déjà pas capable de bien se renseigner concernant son prénom qui n’est pas Bernard, on évite de critiquer, et de plus sans fondements.

  2. YvAN

    19 octobre 2016 à 17 h 00 min

    On était effectivement pas au même concert ou alors il est resté au bar avec ses potes, dans le meilleur des cas il etait dans les gradins du 2eme?
    Et surtout, je ne vois pas l’intérêt de ce genre de critique volontairement provocante… est-ce vraiment l’endroit pour troller?

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