A la Cure du roi Robert

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The Cure a livré, samedi soir dans un Sportpaleis d’Anvers complet, un concert magistral de 30 titres menés tambour battant.

Les groupes parfaits, nous convaincant que la musique est avant tout affaire de sentiments intimes plus que de mode, de genre, d’années, de décennies, il y en a bien peu. The Cure est de ces modèles se moquant tellement du temps que celui-ci, figé à tout jamais, disparaît. Robert Smith fête pourtant les 40 ans de son groupe. Et comme en mars 2008 au même endroit, il est venu nous faire du bien avant la sortie du nouvel album dont il a tenu malgré tout à révéler deux nouvelles chansons, “It Can Never Be The Same” (qu’il a dédiée à Leonard Cohen) et “Step Into The Light”. Deux inédits bien juteux parmi tous les tubes mais aussi des raretés oubliées comme “Burn”. Et une allusion à Trump histoire de chasser toute nostalgie au cours d’un concert finalement très actuel.

Ce grand soir a commencé tôt, à 19 heures, devant un parterre exceptionnellement bien rempli pour l’heure, avec le set de 40 minutes des Ecossais de The Twilight Sad (qui ont beaucoup écouté les disques new-wave de leurs parents!). Car à 20h15, The Cure est sur scène. On attendait “Plainsong” comme il y a huit ans et comme certaines setlistes de la tournée américaine et européenne le laissaient présager mais c’est “Shake Dog Shake” qui a servi d’ouverture. Mais la déception fut de courte durée avec “Fascination Street” et les humeurs dépressives de Disintegration qu’on retrouvera heureusement plus tard avec “Pictures Of You”, “Lovesong” et “Lullaby”.

En fait, en 2h35 montre en main, sur un rythme trépidant imposé par Jason Cooper, sans pause entre les morceaux, The Cure a fait le tour de tout ce qu’il a pu livrer, du sombre au plus joyeux et même au violent (le doublé “One Hundred Years” et “Give Me It”) sur fond de cruautés humaines. Le visuel, comme toujours, est fort et coloré. Seul Simon Gallup avec sa basse véloce court d’un côté à l’autre de la scène. Les autres ne bougent pas. Reeves Gabrels à la guitare (Robert a rencontré l’ex-Tin Machine au concert des 50 ans de Bowie!) est solide comme le roc alors qu’aux claviers Roger O’Donnell assure le service minimum. Robert a décidé, pour cette tournée, que le son serait plus dur, plus rock, plus guitares, le clavier n’étant là que pour assurer les gimmicks et petites touches fidèles aux versions originales.

Robert est parfait. Charmant, souriant, content d’être là, il a décidé de ne pas changer, de garder son look de gamin qui a dévalisé la trousse de maquillage de sa copine, tout en noir, avec cette voix qui n’a jamais bougé.

Discret dans la vie, le roi Robert est un modèle pour plusieurs générations (les gothiques de tout âge étaient là samedi à Anvers). Il prouve depuis quatre décennies qu’on peut rester digne et grand et livrer une musique parfaite sans jamais la dévoyer d’aucune façon. Et si The Cure était le plus grand groupe du monde?

THIERRY COLJON
PHOTO PIERRE-YVES THIENPONT

PROGRAMME
Shake Dog Shake
Fascination Street
A Night Like This
All I Want
The Walk
Push
In Between Days
Sinking
Pictures of You
High
Lovesong
Just Like Heaven
Jupiter Crash
From the Edge of the Deep Green Sea
One Hundred Years
Give Me It
It Can Never Be the Same
Burn
A Forest
Step Into the Light
Want
Never Enough
Wrong Number
The Lovecats
Lullaby
Hot Hot Hot!!!
Friday I’m in Love
Boys Don’t Cry
Close to Me
Why Can’t I Be You?


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