Ainsi va la vie, va, avec Vincent Delerm

Vincent Delerm

Vincent Delerm présentait bien son nouveau spectacle, mardi au Théâtre 140 mais pas en piano solo comme annoncé. Une ombre est penchée sur ses machines, en fond de scène. Le générique d’ouverture qui, comme par le passé, parle à la place du chanteur, le confirme bien: Rémy Galichet sera son partenaire, au clavier comme aux cuivres, tout au long d’un concert dépouillé qui ne joue pas la carte du minimalisme pour auant. “A présent”, titre du spectacle comme de son dernier album, a une seule thématique: les sentiments. D’aujourd’hui comme d’hier. Vincent, avec cet humour qui n’appartient qu’à lui et qui nous plaît tant quand il donne dans l’autodérision, est un tendre qui touche au plus profond de l’âme. Triste comme un “Deauville sans Trintignant”, le chanteur rouennais aime aussi s’amuser avec son public de fidèles qui connaît son Delerm sur le bout des doigts, chantant, sifflant et tapant dans les mains là où il se doit. Car il faut des choeurs à “Martin Parr” et quand il s’agit de choisir entre les quelques tubes de l’artiste, c’est à main levée que cela se décide. “Le monologue shakespearien” et “Fanny Ardant et moi” l’emporteront. Oui, les fans des débuts sont bien là, pour remplir le Théâtre 140 qui lui va si bien. Vincent se souvient d’ailleurs, au moment de conclure la soirée par une chanson jamais enregistrée (“Les vacances de février”) que c’est bien le 7 février 1997, il y a tout juste 20 ans, qu’il se produisait pour la première fois sur une scène avec ses chansons.
Vincent laisse parler son coeur, et celui de Leonard Cohen dont il reproduit sur grand écran la lettre à Marianne Ihlen. Car ce spectacle est aussi d’une véritable beauté visuelle. Visages et voix sorties de films mais aussi photos de son enfance. Car c’est ça aussi une soirée avec Vincent: des instantanés de notre enfance, la vie devant soi, des moments de joie et de nostalgie parfois rattrapés par l’horrible actualité (“Je ne veux pas mourir ce soir”). Derrière son Steinway, Vincent touche à l’essentiel: des mots et des images à l’émotion simple et sincère, qui nous touche sans aucun artifice mais avec élégance et profondeur. Du grand art qui donne à la chanson française contemporaine ses lettres de noblesse. On verra vendredi si cela se confirmera aux Victoires de la Musique – où Vincent concourt pour le titre de chanteur de l’année, face à Benjamin Biolay et Renaud. Cherchez l’erreur !
THIERRY COLJON
PHOTOS SYLVAIN PIRAUX.

Vincent Delerm est ce soir, mercredi 8, au Manège de Mons, revient le 22 mars au Théâtre 140 et sera le 14 mai à Namur.

Notre interview de Vincent Delerm et la chronique de “A présent”


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