Benjamin Biolay à l’AB: entre tendresse et chaos

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En deux heures et demi, dans une AB comble mercredi soir, Benjamin Biolay a retracé l’ensemble de sa carrière.
Même s’il ne tourne pas avec l’orchestre à cordes présent à Paris, et qu’il a troqué le costume pour le blouson griffé au nom du quartier de Buenos Aires qui a donné son titre à son dernier album, Benjamin a tenu à bien faire les choses. Il a filmé ce concert à l’AB, sa salle bruxelloise fétiche dans laquelle il se produisait pour la cinquième fois. Du coup, Chiara Mastroianni a fait le déplacement pour l’accompagner tout au long du concert, comme choriste ou duettiste. Celle avec qui il a réalisé l’album Home en 2004, quelques mois après la naissance de leur fille Anna, est son opposée parfaite: le calme face à la tempête. Cette dualité sera le corps de tout le concert, à l’image de “Négatif” que Benjamin commence seul au piano avant de se déchaîner à la guitare électrique, flanqué de ses cinq musiciens.
Tout Biolay est ainsi résumé: la tendresse et le chaos, la douceur et la violence contenue, la mélancolie latine et l’énergie rock, le sourire face à la dépression… Benjamin peut se montrer noir et désespéré dans ses textes comme il n’est qu’amour et bonheur quand il se retrouve face à son public. Réticent à ses débuts, Benjamin est aujourd’hui drogué à la scène, au point de ne plus vouloir la quitter et signer des autographes au premiers rangs 2h30 après le début des festivités à 20 heures tapantes.
Le répertoire fait bien sûr la part belle à Palermo Hollywood, avec Pablo Gignoli au bandonéon, mais c’est pour “Billy Bob a raison” que Chiara le rejoint une première fois. “Ton héritage”, très attendu par le public, est bien là avant “Le jardin d’hiver” qu’il avait écrit avec Keren Ann pour Henri Salvador avant de devenir la vedette qu’il est. Et c’est ainsi toute sa discographie qu’il traverse, de “Dans la Merco Benz” à “Los Angeles” en passant par “A l’origine” admirablement marié à “La superbe” en guise de premier rappel. Pas de “Brandt Rhapsodie” (eu égard à la présence de Chiara?) cette fois mais bien le “Mobilis in mobile” en hommage à son ami Hubert Mounier trop tôt disparu.
“Les cerfs-volants” et tant d’autres chansons visitent les vestiges de sa vie, ses nombreuses débandades et insomnies, des petites morts dont il est le plus fier étendard. Biolay chante l’amour. “Roma (amoR)”, son nouveau single, annonce pour mai le nouvel album, Volver,la suite de Palermo Hollywood. Il chante Rodrigo Amarante, boit ses verres de vin rouge, souffle dans sa trompette, chante et bouge, danse et s’enfonce dans le plus jouissif des chaos quand le rock le reprend. C’est tout ça un concert réussi de Biolay et c’est parfait! THIERRY COLJON


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