Run the Jewels, muthafuckas!

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Le duo hip-hop américain a mis un sacré boxon à l’Ancienne Belgique jeudi.

Cela faisait longtemps qu’on n’avait plus vu l’AB dans cet état : surchauffée, surbondée, enfumée, avec un public jumpant comme un seul homme des premiers rangs à la sono. Bien sûr, vu la réputation du duo, on se doutait un peu que le bitume allait fondre, du moins, on l’espérait. Be careful what you wish for, qu’ils disaient…

Hommage doit tout d’abord être rendu à The Gaslamp Killer, dont l’énergique DJ set a bien fait chauffer la colle. Il est à peine vingt heures et le son est déjà énorme. Bientôt, alors que le barbu sur scène mixe du Kendrick Lamar avec du Slayer, l’Ancienne Belgique se remplit jusqu’à suffoquer. En hauteur, un poing géant fait face aux deux doigts en forme de flingue : soit le visuel de Run the Jewels. C’est alors que retentit le « We Are The Champions » de Queen qui accompagne la montée sur scène des deux MC’s, Killer Mike et El-P.

Run the Jewels est en vérité un supergroupe hip-hop : Killer Mike est un vétéran de la scène d’Atlanta, qui a commencé chez OutKast et a sorti cinq albums solo dont le dernier en date était réalisé par le producteur/rappeur de Brooklyn El-P. C’est ainsi que Run the Jewels est né. Et s’est ensuite imposé en trois albums coups de poing américain dans ta gueule : énergie punk, beats quasiment indus, flows survoltés. En bref, Run the Jewels est le groupe de rap adoubé par les fans de rock dur (pas un hasard si Zack de la Rocha de Rage Against The Machine a collaboré avec). Et il nous l’a prouvé jeudi.

Dès l’entame « Talk to Me », premier single extrait de RTJ3, on comprend que ça ne va pas tarder à exploser. Et ça ne tarde pas, au quatrième titre, avec deux extraits du deuxième album enchaînés à « Nobody Speak », titre écrit avec DJ Shadow. Le son, sorti d’une unique table de mix, est surpuissant, les deux rappeurs se relaient pour donner les coups de boutoir qui ne s’arrêtent que pour leur permettre de jacasser entre les titres. Killer Mike est également activiste et il a des choses à dire. Un peu trop d’ailleurs, mais passons…

Niveau setlist, RTJ joue la quasi intégralité de son troisième album. Des titres burnés, presque métalliques, mais c’est surtout les extraits du deuxième qui rendent la foule berzerk: « Lie, Cheat, Steal », « Early », « Love Again » et surtout le monumental « Close Your Eyes (And Count To Fuck) »… Et c’est alors que l’AB, enfumée et en sourdine (mais QUE FAIT la police?!) redevient cette salle de concerts alternatifs, comme on disait, ce temple des grandes heures underground, quand elle n’était pas encore cette salle presque trop parfaite où tout est réglé comme une montre suisse, mais qu’on sentait qu’il pouvait à tout moment se passer quelque chose d’imprévu.

En soi, d’imprévu, il n’y eut point. Juste une heure dix de concert (pas une minute de plus, les salauds!) au taquet, sans temps mort, sans reprise de respiration aucune. Juste de l’énergie pure et dure. Et c’est ça qu’on veut!

DIDIER ZACHARIE

Selist: Intro We Are The Champions/ Talk To Me/ Legend Has It/ Call Ticketron/ Blockbuster Night Part I/ Oh My Darling Don’t Cry/ Nobody Speak/ Hey Kids (Bumaye)/ Stay Gold/ Don’t Get Captured/ Panther Like a Panther/ Everybody Stay Calm/ Love Again/ Lie, Cheat, Steal/ Early/ A Report to the Shareholders/ Run the Jewels RAPPEL Close Your Eyes (And Count To Fuck)/ Down

Journaliste lesoir.be

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