HVOB, SVP

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Il y avait une alternative à l’ennui durant le week-end pascal. Cela se passait à l’AB Club avec la venue du duo électro-pop autrichien HVOB. Un concert proche de la perfection qui nous a poussé à en savoir plus. Compte-rendu et entretien.

Deux rayons laser traversent la salle et de la fumée se propage entre les deux lignes. La scène est dans le noir, quelques notes de piano, un chant fragile, celui d’Anna Müller, brise le silence, des vidéos abstraites en arrière-fond ajoutent à l’atmosphère et la machine électronique se met en branle. Une électro minimale, léchée, presque chirurgicale mais également très vivante. Surtout, le son est d’une perfection rare. Puissant, clair, trippant. Qui vous prend par le corps et ne vous lâche plus.

Le duo, rehaussé d’un batteur, se lance dans plusieurs titres de son album précédent Trialog, plus relevés que ceux du dernier Silk, et le choix est intelligent, nous permet de rentrer dedans, de nous perdre. Alors qu’en milieu de set, Winston Marshall de Mumford & Sons vient les rejoindre pour quelques titres plus intimistes issus du dernier Silk, on a déjà compris que ce concert n’aurait pas de point faible et que HVOB jouait bel et bien dans la cour d’un Moderat ou d’un The Knife. Ce que vient confirmer l’immense « Azrael » en fin de set. Que demande le peuple ?

Jointe dans les jours qui ont suivi, Anna Müller nous a retracé le parcours de son groupe fondé en 2013 avec Paul Wallner à Vienne et responsable de trois albums.

« On a toujours fait de la musique, depuis notre plus jeune âge. J’ai rencontré Paul il y a quelques années, la scène musicale viennoise étant petite, tout le monde connaît tout le monde. Nous sommes tous les deux fans de rock indé. Mon premier concert, c’était Oasis, j’avais 12 ans. Ado, j’adorais Radiohead, Nirvana, PJ Harvey, Sonic Youth… Et puis, à partir de mes 20 ans, j’ai commencé à aller en clubs, je suis tombée amoureuse de cette musique et de l’atmosphère qui y régnait et c’est peut-être là qu’est né le son de HVOB. Nous voulions rassembler ces deux mondes ».

Le premier album du groupe sort en 2013 et comprend un mini-tube germanique, « Dogs ». Deux ans plus tard, c’est le grand-oeuvre, Trialog, qui leur ouvre les portes des clubs du monde entier, mais aussi des salles de concerts et festivals.

« Ca a toujours été notre but de jouer aussi dans des salles de concerts et pas uniquement en clubs. C’est quelque chose de complètement différent de jouer sur scène. Il y a une grande responsabilité de ne pas décevoir le public qui est présent à 100% pour la musique. On prend ça très sérieusement en travaillant sur chaque détail du show. C’est notre première tournée des salles et elle est presque sold out partout, c’est quelque chose de très gratifiant »
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Le nouvel album, Silk, est un projet à part, fomenté en duo avec Winston Marshall de Mumford & Sons. Plus intime, plus pop peut-être, il vient jouer sur les terres de The xx. A vrai dire, il est même beaucoup plus réussi que le dernier effort de The xx.

« Winston nous a contacté après avoir découvert notre chanson ‘Azrael’ sur YouTube. Nous n’avons d’abord pas répondu, pensant que c’était un fake. Et puis son agent nous a contacté. On a échangé quelques démos et senti directement que ça fonctionnait bien entre nous. On imaginait d’abord produire une ou deux chansons, finalement, on a fait un album entier. Silk est comme une aventure créative, une collaboration, un projet unique et nous sommes heureux que les gens le comprennent ainsi »
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HVOB, les copains ! Ils seront de retour chez nous au festival Paradise City qui se déroulera près de Bruxelles entre le 23 et le 25 juin.

DIDIER ZACHARIE

Journaliste lesoir.be

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