Thomas Fersen, le maître des mots

THOMAS FERSEN

Ils étaient environ 900 mercredi soir à l’AB, dans une configuration Flex avec gradin, pour assister à la première belge du nouveau spectacle de Thomas Fersen.
Après avoir longtemps tourné en solo, revoici le troubadour animalier avec un quatuor à cordes et le guitariste Pierre Sangra. Comme dans son dernier album, le savoureux Un coup de queue de vache. Ce qui ne l’empêche pas d’ouvrir par “La chauve-souris” avant de nous faire visiter sa nouvelle basse-cour. Thomas n’aime rien tant que se reposer dans “La cabane de mon cochon”, le monde des animaux l’autorisant, comme nul autre pareil, à parler de nous. Parler, justement. Fersen, maître gastronome des mots, apprécie de plus en plus de les déclamer à son rythme, sans musique, sinon celle des rimes pas toujours riches mais bien libres et parfois paillardes.
L’ukulélé emblématique est toujours là, tout comme “Zaza”, sa chienne qui pue, ou “Diane-de-Poitiers” et “Saint-Jean-du-doigt”. On est entre amis dans l’intimiste AB, on rigole et on se vanne, Thomas s’amusant d’un “Mais quel accent!” dès que le public se manifeste.
“Et si on allait se coucher?” lance-t-il plus d’une fois au bout d’une heure, simulant la fatigue. Le comédien qu’il est, plus attachant que jamais, est resté une heure de plus, préservant cette élégance fine qu’il a toujours affichée. La connivence n’a jamais été aussi forte avec ce public fidèle qui n’a même pas besoin d’entendre ses chansons à la radio pour le suivre avec une belle régularité. Thomas est de ces artistes intemporels, hors mode, défendant, en musique ou non, la beauté des mots et des sentiments. THIERRY COLJON
PHOTO PIERRE-YVES THIENPONT.


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