Nuits 17, sauce anglaise

concert SLEAFORD MODS

Embarras du choix ce mardi soir au Bota… Alors on a été s’agiter avec Sleaford Mods et les emballants « gamins » de Shame. Le petit coup de frais, lui, s’appelait Esmerine.

Vus au début de cette année dans un clapier de Groningen à l’occasion de l’Eurosonic, les mecs de Shame nous avaient bien plu, avec ce rock britton qui a traîné ses guêtres dans un vieux fond de punk et de bière. Sur la scène d’un chapiteau transformé en cocotte minute, torse nu et dégoulinant (ça tombe bien, ils ont un morceau qui s’appelle « Sweat »), Charlie Steen joue du pied de micro et toise le public avec un sourire mi-goguenard, mi-amusé. Sa voix un peu strummerienne dégage un truc… Pour ces jeunes gens (les musiciens ont vraiment des têtes de lycéens), qui seraient de lointains petit-enfants de Wire et du Gang Of Four renvoyant à leur manière la vague Madchester, l’affaire et entendue en quarante minutes sans mollesse. Prochain rendez-vous belge : le 19 août au Pukkelpop.

Après la bonne petite claque du jour, les habitués. C’est que par chez nous aussi, on commence à connaître Sleaford Mods, le duo composé d’Andrew Fearn (touche play pour lancer les beats, bouteilles de jus de houblon) et de Jason Williamson (micro, bouteilles d’eau). Anglais dans l’accent comme dans le commentaire social. Ou la manière de mouiller le maillot. Trop bien aidé par un projecteur, Williamson va même s’adresser à l’éclairagiste : « ‘tain, coupe ce truc, c’est pas Starlight Express, ce qu’on fait ! » Juste, ça aboie, puis ça se dandine façon canard épileptique bien plus souvent que dans la pièce mise en muzak par Andrew Lloyd Weber ! Et ça claque pas mal, les « BHS » et autres « Moptop » issus du récent English tapas, même si les beats sont là plus emballés que ceux  de quelques titres précédents. Dont on aura droit à un assortiment en rappel, avec ces scuds classiques que sont « Jobseeker » et « Tied up in Nottz ».

concert SLEAFORD MODS

Entre les deux, c’est au Grand Salon qu’on aura été respirer quelque peu, avec Esmerine. Les Canadiens post-musique de chambre, parmi lesquels on retrouve des membres de Godpseed You! Black Emperor et Thee Silver Mt. Zion, tissent leurs atmosphères délicates dans le moindre détail : des archets passés sur les lames du marimba aux effleurements de cordes d’une kora moderne ou du violoncelle de Beckie Foon, chaque geste, parfois sur le fil du maniérisme, concourt à l’apaisement des sens et appelle à la contemplation. Même quand l’électricité et le rythme s’en mêlent et que les morceaux gagnent en ampleur…

concert ESMERINE

Didier Stiers
(Photos : Sylvian Piraux)

 

 

Didier Stiers

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