Girl power à Dour, même sans Solange

DOUR, festival concert Dour Kate Tempest.GOLINVAUX MATHIEU./SOIRMAG

Après un début en douceur, le Dour Festival a laissé la place aux filles ce jeudi, malgré le forfait de Solange. Retour en images sur le début de cette 29e édition.

L’enfer. C’est un peu comme ça que l’on pourrait résumer la transhumance des festivaliers tentant d’atteindre le Saint Graal en ce début de Dour Festival. Sous un soleil de plomb, chacun continue de prendre ses marques sur un site à la géographie complètement revue. Cette année, le parti a été pris de rapprocher les campings de l’entrée du festival et de renvoyer les parkings… à l’autre bout du monde. Tant bien que mal, chacun effectue donc le périple de plusieurs kilomètres vers l’entrée et se plie à l’exercice désormais traditionnel de la fouille des sacs.

On en viendrait presque à croire que c’est le chemin de croix qui a été imposé à Solange. Sur les recommandations de son médecin, la frangine de Beyoncé, « exténuée et déshydratée » , a annulé sa venue en dernière minute et a été remplacée par le rappeur d’Atlanta Gucci Mane. Une tuile de taille pour le festival, qui avait là réussi un joli coup de poker. Pas de show minimaliste et sophistiqué pour les fans belges donc, mais une jolie affiche tout de même.

Kate Tempest au pouvoir!

Après le show quelque peu surfait de M.I.A. pour lancer les festivités ce mercredi, les filles ont repris le pouvoir en bonne et due forme en ce deuxième jour de festival. L’après-midi, c’est la rappeuse Coely, passée par Couleur Café et les Ardentes notamment, qui ouvrait le bal. Du haut de ses 23 ans, l’Anversoise mélange habilement les genres, entre funk, RnB et rap, et impose son style à l’international. Depuis la sortie de son premier single en 2012, elle a fait les premières parties de Kendrick Lamar, Mos Def, De La Soul et a sorti Different Waters, un premier album riche et remarqué. « Le film de ma vie, nous expliquait-elle il y a quelques mois. Mais en insistant toujours sur les côtés positifs. » Sur scène, la rappeuse expose au grand jour cette philosophie de vie. L’ambiance est peace & love, le soleil radieux. Avec une bonne humeur contagieuse, Coely célèbre la vie avec une vibe réjouissante.

DOUR, festival concert Dour Coely .GOLINVAUX MATHIEU./SOIRMAG

Le flow se fait plus dur et plus virulent quand surgit Kate Tempest dans la Jupiler Boombox. Auteur de l’un des albums de l’année 2016, l’Anglaise impressionne. Sans l’air d’y toucher, elle balance ses textes acides à la tête d’un public qui en redemande. Une poésie encore plus perçante lorsqu’elle la déploie a cappella. Son regard est presque flippant quand elle assène un « Europe is lost » convaincu qui transcende la foule. Le show est dépouillé mais possède une puissance phénoménale. Kate n’a pas besoin d’en rajouter, son flow suffit à livrer l’un des tout grands concerts de ce festival.

 Kate Tempest  © Mathieu Golinvaux

Kate Tempest © Mathieu Golinvaux

Nouvelles idées

Dans un autre style, Sevdaliza se produisait ensuite du côté du Labo, cette scène expérimentale inaugurée en 2015 pour « expérimenter de nouvelles idées, analyser les déviances sonores et sonder les nouveaux courants » . Née en Iran et habitant à Rotterdam depuis ses 4 ans, l’ancienne basketteuse est devenue artiste multiple, difficilement classable. Son RnB atmosphérique est ainsi souvent comparé à celui de FKA Twigs. Son inspiration ? La souffrance et la douleur. « Je ne crois pas avoir écrit une seule chanson joyeuse, explique-t-elle dans une interview à Tracks. Ça ne veut pas dire que je suis malheureuse. C’est juste que j’aime ces émotions, la mélancolie, les ténèbres, la nuit, la brume… »

Telle une beauté hybride et étrange, elle apparaît sur scène vêtue d’une robe en similicuir fendue et lassée lui donnant un air de déesse. Le show est ambitieux est se décline en saynètes dignes d’une pièce de théâtre. A ses côtés, un danseur donne une dimension mystique à l’ensemble et lui sert de double. Drama queen ultra-sensuelle, elle fait hurler les foules et attise les curiosités. Trois femmes, trois styles radicalement différents qui effacent (un peu) la déception de ne pas avoir vu Solange en ce deuxième jour de festival.

Bruxelles arrive !
DOUR, festival concert Dour .GOLINVAUX MATHIEU./SOIRMAG

Cette année douroise est aussi un peu celle de Roméo Elvis & Le Motel et de Caballero & JeanJass. En plus de leurs shows respectifs, ces porte-drapeaux de la scène hip-hop belge se sont vu confier une carte blanche ce jeudi. Un concert unique, nommé « Bruxelles arrive » du nom de leur hymne commun qui a dépassé les 2 millions de vues sur YouTube. Sur le coup de 17h30, la foule accourait en masse vers la Last Arena pour vivre ce moment annoncé comme unique. Très vite, la plaine est noire de monde. Le super-groupe envoie du gros son et est là pour « foutre un peu le bordel à Dour ». L’idée n’est pas de faire dans la dentelle mais plutôt de mettre l’ambiance. Et on doit dire que ça fonctionne assez bien. Si le public n’est pas encore en délire, il semble conquis…

L’ambiance va alors crescendo, à mesure que la nuit tombe et que le temps se rafraîchit. Solange fait même une “apparition” sous la platine de Kaytranada, avec “Cranes in The Sky” où sa douce voix raisonne dans la Jupiler Boombox. Le DJ set du producteur canado-haïtien continue de répandre une bonne humeur ambiante avec de tout grand morceaux qui trouvent leur souffle même sans guest. Un peu comme Todd Terje juste avant lui à La petite Maison dans la prairie.

GAËLLE MOURY

PHOTOS: Mathieu GOLINVAUX

Gaëlle Moury

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