U2 a rendu hommage à la Belgique

IMG_5668

Ce mardi soir, au stade Roi Baudouin, on a vécu une douce soirée estivale qui nous a rappelé celle passée en compagnie de Coldplay au même endroit. La sécurité renforcée, les portiques, le scanner, la fouille… Tout cela fait dorénavant partie de la routine et n’a pas de quoi stresser un public nonchalant bien décidé à passer un bon moment. Le groupe de Noel Gallagher, en ouverture, n’a pas été gâté par la sono mais les cinq titres d’Oasis n’ont pas été de trop pour passionner le public.

Avec dix minutes de retard sur le programme, U2 est monté sur scène très modestement, laissant au batteur Larry le soin d’arriver le premier et d’attaquer par le riff vertigineux de «Sunday Bloody Sunday». Avant de passer à l’’intégrale de The Joshua Tree, le groupe résume en quatre étapes ces hauts faits de l’avant 1987. Avec un «Bad» qui n’oublie pas de citer David Bowie. Tout cela commence dans la foule, sobrement, sans décor ni écran allumé. Comme pour se rapprocher encore de ce public («Bruxelles ma belle» lance Bono!), comme pour (se) rappeler le bon vieux temps de débuts moins gigantesques. Il s’agit pour U2 de revenir à plus de modestie et de simplicité avant que ne s’allume le grand écran pour l’intégrale de The Joshua Tree dont on est là pour fêter les trente ans. On retiendra avant tout les images magiques d’Anton Corbijn et la version diabolique de «Exit». Avant le rappel, Bono pense aussi à remercier la Belgique d’avoir tant aimé ces chansons. On passe aussi à un autre moment très poignant: «Miss Sarajevo» devenue aujourd’hui syrienne dans un camp de réfugiés, avec le portrait de la Miss en ce gigantesque tifo réalisé par l’artiste français JR (déjà responsable de la pochette du dernier Arcade Fire) que le public, dans les gradins, se passe de mains en mains.

Sur «Vertigo», c’est aux Rolling Stones que Bono rendra hommage avant le très beau «Ultraviolet (Light My Way)» dédié à toutes les femmes résistantes, battantes, leaders ou combattantes. Pour la Belgique, Nafissatou Thiam et la reine Mathilde ont été ajoutées au tableau d’honneur de l’humanité féminine. Avant de terminer par «One» et «I Will Follow» non sans dédier la soirée à Sam Sheppard récemment disparu.

Pour un monde meilleur

U2, en fait, en plus de se faire plaisir et de faire le bonheur de son public qui a pu chanter quasiment toutes les chansons, tient par cette tournée rétrospective à rappeler ses fondamentaux, cet humanisme qu’on retrouve dans la plupart des chansons quel que soit leur âge. La bande à Bono rêve d’un monde meilleur – un peu comme les hippies du Summer Of Love d’il y a 50 ans mais sans les mêmes attributs – tout en étant convaincue que le pouvoir appartient au peuple. Comme l’a chanté Patti Smith (qui a rejoint le groupe sur scène à Paris mais pas ici vu qu’elle était en concert à Anvers mardi).

U2 croit malgré tout en l’être humain, à sa force et en son sens de l’unité. Un optimisme un peu merveilleux en ces temps sombres mais qui participe à la fête!

THIERRY COLJON

Programme
Sunday Bloody Sunday
New Year’s Day
Bad
Pride
(segue)
Where the Streets Have No Name
Still Haven’t Found
With or Without You
Bullet the Blue Sky
Running to Stand Still
Red Hill Mining Town
In God’s Country
Trip Through Your Wires
One Tree Hill
Exit
Mothers of the Disappeared
encore break
Miss Syria (Sarajevo)
Beautiful Day
Elevation
Vertigo
Ultraviolet (Light My Way)
One
I Will Follow


commenter par facebook

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>