Adieu et merci, Monsieur Bradley

Frontstage - Charles Bradley - MG

Sa soul pleine d’amour lui avait valu le surnom de Screaming Eagle of Love. Charles Bradley nous a quittés ce samedi. Il avait 68 ans.

« It is with a heavy heart that we announce the passing of Charles Bradley, peut-on lire sur la page Facebook de l’artiste. Mr. Bradley was truly grateful for all the love he’s received from his fans and we hope his message of love is remembered and carried on. Thank you for your thoughts and prayers during this difficult time. » Et ses proches suggèrent une donation (plutôt qu’envoyer des fleurs), au All-Stars Project ou à Music Unites.

Début septembre, on apprenait qu’il avait dû annuler sa tournée pour cause de maladie. En 2016, les médecins lui diagnostiquaient un cancer de l’estomac. Non seulement, le traitement avait bien fonctionné, mais il remontait en outre sur scène quelques mois plus tard. Las, en septembre donc, il devait retourner à l’hôpital, le cancer ayant récidivé au niveau du foie… Il n’y aura pas eu de deuxième rémission.

Frontstage - Charles Bradley - AVL

Né en Floride, Charles Bradley grandit à Brooklyn et rêve de devenir chanteur, à l’instar d’un James Brown qu’il découvre, gamin, à l’Apollo. Son destin pas vraiment rose le cantonne dans un premier temps aux cuisines, d’un hôpital psychiatrique new-yorkais d’abord, puis en Alaska notamment. Mais il ne cesse de chanter ; son show, Black Velvet, finit par taper dans l’œil et l’oreille des gens de Daptones Records. Où il signe pour un premier album en 2011, No time for dreaming. Il a alors 63 ans ! C’est ce parcours singulier que conte « Charles Bradley : soul of America », le documentaire réalisé par Poull Brien en 2012.

Sur scène, il savait à la fois faire le show et susciter l’émotion, mélangeant soul vintage et funk, épaulé par son groupe de « gamins ». Chez nous, on l’a vu à Dour en 2011 et 2013, au Pukkelpop en 2012, en 2013 encore à Werchter… A la fois spectaculaire et touchant. Costume de mise, jeu avec le pied de micro (lancé vers l’avant et rattrapé par le câble), … Il terminait toujours dans le public, multipliant les étreintes avec les spectateurs qui n’attendaient que ça.

« Il faut aimer, nous disait-il l’an dernier lors d’une interview en tête-à-tête particulièrement émouvante. Trouver cet amour caché dans ce corps qui est le nôtre, montrer cet amour tant que nous sommes dans ce corps, parce que quand on part, c’est trop tard. C’est ce que je dis à tous ceux qui sont capables d’éprouver un peu d’amour et de compassion : montrez-le, montrez ce que vous êtes ! » Vous nous manquez déjà, Mister Charles !

Didier Stiers
(Photos : Mathieu Golinvaux & Aude Vanlathem)

 

 

 

Didier Stiers

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