Les « Tueurs » arrivent !

Frontstage - Tueurs

Impossible d’ignorer, depuis ce 1er décembre, la sortie de Tueurs, l’album, d’après le film de François Troukens et Jean-François Hensgens. Cette première compile, sur un label lancé par Universal et Back In The Dayz, compte un peu comme la dream team du rap belge. Difficile de faire plus lourd, non peut-être, quand on rassemble Damso, Roméo Elvis, Caballero & JeanJass ou encore Coely ainsi qu’une belle brochette de rookies !

Avant tout, (re)précisons : ce n’est PAS la bande originale du film mais bien un album de musiques INSPIRÉES du film, vu évidemment par tous les participants à cette compilation. Là est le lien, outre le fait que les 12 prods inédites qu’elle compte sont signées Clément Dumoulin, alias Animalsons, qui s’est aussi chargé des musiques DU film. Voilà…

L’un des intérêts de cette galette, sous sa somptueuse pochette signée Sozyone, c’est qu’elle permet de découvrir, pour qui ne les connaîtrait pas encore, que le rap game noir-jaune-rouge compte d’autres noms encore. Au-delà donc des usual suspects que sont Damso, Roméo Elvis, Caballero & JeanJass et autre Senamo. Tenez, Yanso, par exemple…

Frontstage - Yanso

Yanso signe sur ce disque un « Vegeta » langoureusement autotuné, référence évidemment au personnage de Dragonball. Et vient de balancer en parallèle un morceau perso bien nerveux, « Par ici la monnaie », illustré par un clip en noir et blanc tourné à Bruxelles. En bas d’un immeuble bien connu des Forestois. Un clip dans lequel apparaissent, ô surprise… Caballero et JeanJass ! « C’est mon premier projet qui sort… enfin, raconte l’intéressé ! Après des années de charbon, de problèmes, de sacrifices. De cafés et de joints fumés. » Pour la promo de Tueurs, face aux journalistes, il fait exceptionnellement équipe avec Caballero. Qui le rassure : « Tu peux être très content, c’est cool ! »

Les participants à la compile ont donc pu choisir parmi un certain nombre de productions proposées par Animalsons. « Après, on est venu faire notre travail, comme d’hab’, se marre Caba. Le choix s’est fait au feeling. Je ne pourrais pas dire quel élément précis m’a fait kiffer la musique, c’est juste celle qui nous a le plus donné envie d’écrire et de créer un morceau. Dans le refrain, il y a un petit truc qui fait un peu référence à ces ambiances de films de braqueurs, de gangsters et de flingues. » Sur cette b.o. virtuelle, le morceau sur lequel il pose avec JeanJass s’intitule « Vous m’aurez pas ». « La phrase qu’on répète, « je suis couché sur le sol », nous a poussés à trouver un fil conducteur, mais pas à rentrer dans un thème très précis. C’est plus une ambiance… solennelle, dramatique. »

Yanso, lui, disposait déjà d’une petite maquette. « Au bout du compte, elle collait au film, elle était bien dans l’ambiance. Le producteur a choisi ce morceau-là parmi trois ou quatre autres, et on est partis là-dessus. Mais je ne l’ai pas écrit en fonction du film, même si je l’ai vu. Pour l’anecdote, à la base, j’avais choisi de poser sur la prod’ qui est finalement celle de « Méchant », de Roméo. Mais c’était trop rap-rap, et je voulais tellement me démarquer que j’ai décidé de proposer plusieurs morceaux différents… »

Rap et films de gangsters : on peut vite tomber dans les gros clichés, à éviter… ou pas. « Que ce soit pour ce morceau-là ou pour notre travail en général, commente l’habituel comparse de JeanJass, on essaie d’offrir quelque chose d’un peu original. C’est un mécanisme récurrent déjà intégré dans nos cerveaux. Même si une grosse partie du rap et ses clichés nous plaisent énormément, et on l’assume. » Pour Yanso, c’est en restant soi-même qu’on se démarque. Lui était pile dans le thème. « Quand j’ai écrit « Vegeta », j’étais en bracelet électronique. J’ai d’ailleurs vu le film chez moi. J’étais donc déjà dans… cet univers judiciaire. Attention, je n’en suis pas fier ! Mais j’étais dans la réalité du truc. » Qui plus est, c’est lors d’un… contrôle de police qu’il a rencontré Caballero : « Il m’a sauvé d’une garde à vue ! » Son frérot (sic) rigole dans sa barbe : « On s’est bien aimés dès la première rencontre, ça crée des liens directement ! »

« Être sur ce projet c’est un privilège, dit Yanso à propos de Tueurs. Je n’ai pas encore sorti grand chose, je n’ai pas une carrière comme Caba ou Jass qui sont dans pas mal de projets et font des concerts toute l’année. » En même temps, comme dirait quelqu’un : « Les limites existent uniquement si tu le permets ! »

Didier Stiers

Tueurs, avec Olivier Gourmet, Lubna Azabal, Bouli Lanners, sur nos écrans le 6 décembre. D’autres interviews des artistes repris sur le disque à lire dans le Mad du 13 décembre.

Didier Stiers

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