De l’ironie, du punk et des synthés

Frontstage - Violence - 1

Violence Conjugale occupait samedi soir la petite scène du KulturA. De la virilité oui, des bières aussi, mais ni claques, ni assiettes cassées. On sait se tenir, en Roture !

Parmi les têtes de gondole de l’excellent et remuant label français Born Bad qui vient de fêter ses dix ans, les deux Bordelais de Violence Conjugale partagent, dixit leur biographie officielle mais probablement un peu romancée quand même, une passion pour Bowie, le réalisateur Kenneth Anger (Scorpio rising), Philip K. Dick, Lovecraft, l’esprit de la Factory de Warhol, les formats pop acoquinés avec la froideur des synthés (la cold wave et le Korg, quoi)… En tout cas, on a connu des influences et des goûts plus douteux !

« Le nom du groupe s’inscrit dans une esthétique musicale héritée du punk », rappelaient Hans et André l’an passé à la suite d’un concert qui avait été quelque peu chahuté. Une esthétique « qui défend des valeurs humanistes et certainement pas xénophobes ou sexistes. » Et de préciser aussi, c’est important, on s’en rendra compte tout au long de la soirée : « Notre carrière scénique ou discographique est en grande partie basée sur l’ironie. »

Sur scène, ce samedi à Liège au KulturA, ça donne donc : à gauche quelques chœurs et surtout des machines, des synthés analogiques dont l’emblématique du genre, l’Arp Odyssey de chez Korg, justement, et à droite, du chant, des commentaires et un très beau t-shirt à l’effigie de… Justin Bieber !

Frontstage - Violence 2

L’atmosphère est détendue, même du côté de quelques gamins déguisés en punks, venus avec leur stock de Cara Pils et leur apéro en bouteilles de plastique. L’un d’eux ne verra cela dit rien de Violence Conjugale, écroulé mort plein sur l’un des retours, à la grande inquiétude d’ailleurs de Hans : « Ça va, le jeune ? Tu as été vomir ? »

« Un, deux, trois dans ta gueule / Tu l’as bien cherché / Tu vas crever »… Chez eux, la virilité à la DAF se teinte effectivement d’ironie et de second degré. Un peu (un tout petit peu) Lescop avec de l’humour, si vous voulez. De l’ironie, mais aussi plein de vocabulaire choisi (ils disent même « démiurge » et « rancœur », dans un de leurs textes), beaucoup de références aux années 80 (« KGB »), même à Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (« Homosexualis discothecus » écrit par Jean Yanne), des trucs « qui peuvent plaire aux fans de Cannibal Corpse et de Mao » (sic)…

Les synthés et boîtes à rythmes aux sonorités grattées jusqu’à l’os des « Pensée positive », « Ecole du suicide » et autre « Kinski » extraits de l’album Vices et mensonges sorti en 2016 (distr. Teenage Menopause) se posent ici sur des basses plus martiales : ce n’est pas parce qu’on sourit qu’on doit s’abstenir de danser ! Bref : c’est gai !

Frontstage - Bayacomputer

La première partie était ce samedi soir confiée aux bons soins des Carolos-Tournaisiens de Bayacomputer, groupe lancé par un Mountain Bike (Nerveux, le batteur) et un Unik Ubik/Spagguetta Orghasmmond (T. Raznor). Choix judicieux : synth-wave sur papier, avec une bonne dose de garage et de punk en live, le trio enchaîne sans temps morts, « Stevie Smith » inclus (le parfait single, sorti sur le label du Rockerill). Les gamins susmentionnés, eux, se bousculent sur quelques titres, histoire probablement de rentabiliser leurs crêtes et leurs clous…

Bayacomputer sera le 9 mars au Barlok à Bxhell et le 11 mars au Pit’s à Courtrai.

Didier Stiers

 

Didier Stiers

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