Le Charleroi de Bernard Lavilliers

PHOTO HATIM KAGHAT

Après avoir publié dans son dernier album la chanson “Charleroi”, il était logique pour Bernard Lavilliers de livrer aux Palais des Beaux-Arts carolo, vendredi soir, la première belge de sa tournée. Il est ce samedi à Liège et reviendra à l’AB le 19 octobre.

“Ma ville”, c’est ainsi qu’il appelle Charleroi dans la chanson même s’il ne la nomme pas. Il se sentait donc chez lui, vendredi soir, le Nanard. D’autant plus que l’entourent pour cette nouvelle tournée deux amis carolos de longue date: Daniel Romeo à la basse et Olivier Bodson à la guitare et à la trompette. Et aux claviers, c’est le Liégeois (ouh!) Xavier Tribolet qui complète le groupe belgo-français de six musiciens en costumes noirs et jaunes (qui auraient plu au bourgmestre d’Anvers!).

Après l’ouverture, comme sur le disque 5 minutes au paradis, par la lecture, derrière le rideau, du poème “La gloire” de Pierre Seghers”, on se rend malgré tout vite compte qu’il y a comme un problème, un gros pas un petit quand on est là aussi et surtout pour entendre les poèmes et la voix du chanteur: on ne comprend pas ce qu’il dit et chante. Le band est parfait mais la voix du Stéphanois est sous-mixée, comme éteinte. Il en ira de même sur “Croisières méditerranéennes” et “Charleroi”… On n’entend pas les textes et il faudra attendre les tubes comme “Stand the Ghetto” ou “Est-ce ainsi que les hommes vivent?” d’Aragon/Ferré, qu’on connaît par coeur, pour qu’on pense enfin à autre chose. Autre solution salvatrice: l’acoustique, quand, seul à la guitare, Bernard reprend “On the Road Again” et surtout le très beau “Betty”.

Lavilliers, à 71 ans, tient la forme. Il a le bon goût de continuer à vivre (contrairement à trop de ses collègues, rappelle-t-il non sans humour). Son petit verre de rhum lui réchauffe le corps et le coeur et pour le reste, il est toujours prêt à esquisser un petit pas de danse et à nous faire lever sur “Traffic”, “Idées noires” et “La salsa” pour terminer par un très beau rappel qui le montre très ému: “L’exilé”, “Les mains d’or” dédié à son père et enfin “L’espoir”. Un final seul à la gratte, comme on l’aime, en plus de nous faire oublier ses ennuis sonores. Soucis qui n’ont pas empêché le public qui a rempli la salle des Beaux-Arts de passer un agréable moment attendrissant en compagnie d’un sacré bonhomme, unique en son genre avec ses histoires réelles ou inventées et ses chansons de combat comme il est un des rares à nous livrer depuis 50 ans.

THIERRY COLJON
PHOTO HATIM KAGHAT.

Bernard Lavilliers sera ce samedi soir au Forum de Liège et le 19 octobre à l’AB. En plus d’une date cet été en festival.


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