Le compositeur Johann Johannsson est mort

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Le compositeur « néo-classique » islandais Johann Johannsson a été retrouvé mort dans son appartement de Berlin. Il avait 48 ans.

Son manager, Tim Huson, installé à Los Angeles, a annoncé la nouvelle le 10 février: « Je suis profondément triste. Aujourd’hui, j’ai perdu mon ami. C’était un des plus talentueux musiciens et un des hommes les plus intelligents que je connaisse », a-t-il dit dans un communiqué, ajoutant qu’une enquête était en cours pour déterminer les causes de son décès.

Surtout connu pour ses musiques de films, notamment ceux de Denis Villeneuve (Sicario, Prisoners, Arrival), ou celle d’Une merveilleuse histoire du temps de James Marsh qui lui a valu un Golden Globe en 2016, Johann Johannsson était de cette génération de compositeurs qui se nourrissaient autant du jazz, du rock et des musiques électroniques que classiques et contemporaines.

Né à Reykjavik le 19 septembre 1969, il y étudie les langues et la littérature tout en se lançant dans la musique via des groupes de rock pour lesquels il joue de la guitare. Mais ses aspirations sont multiples. En 1999, il crée « Kitchen Motors », une structure musicale dédiée aux croisements des genres et aux collaborations entre artistes venant du punk, du classique, du jazz, du metal ou de l’electro. Son groupe Apparat Organ Quartet sera la mise en oeuvre de cette réflexion.

Son oeuvre solo, lancée en 2002 avec l’album Englabörn, sera plus retenue. Sous influence Arvo Pärt, Johan Johannsson utilise aussi des méthodes de décomposition du son via les filtres numériques, à la manière des musiciens électroniques. En résulte une musique minimaliste et spirituelle entre classique, ambient et electronica. Un style qui attirera les réalisateurs de cinéma, de Denis Villeneuve à Darren Aronovsky et James Marsh.

En septembre dernier, Johan Johannsson était la tête d’affiche du Bozar Electronic Arts Festival à Bruxelles. Il était venu présenter son dernier album solo, Orphée, inspiré par le mythe grec et son interprétation par Ovide. En 2015, il expliquait au magazine The Talks, « Je pense que ma musique est une façon de communiquer directement avec les gens et leurs émotions ». Tout simplement.

DIDIER ZACHARIE

Lire aussi:

Notre dossier sur les compositeurs “néo-classiques” sur Le Soir Plus> “Pop ou classique, là n’est pas la question

Journaliste lesoir.be

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4 commentaires

  1. Morelli

    11 février 2018 à 16 h 08 min

    Immense perte et immense tristesse. Fordlandia, Orphée et la bo de Arrival sont des merveilles…

  2. Dominique Piérard

    12 février 2018 à 6 h 55 min

    Je suis très triste d’apprendre le décès de ce compositeur que j’adore pour ses musiques de films mais également que j’avais vu il y a quelques temps à Leuven pour un concert fort intéressant, mêlant électronique et classique contemporain. Repose en paix, Johann !

  3. Matelas

    19 février 2018 à 18 h 33 min

    Enorme perte pour la musique, j’appréciais beaucoup son style.

    Mathieu

  4. Hotel Romantique Paris

    24 avril 2018 à 21 h 02 min

    Les plus grands partent toujours les premiers

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