Arcade Fire nous a tout offert maintenant

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Entre Werchter 2017 et le Pukkelpop 2018 à venir, Arcade Fire a donné, jeudi au Sportpaleis d’Anvers, tout son sens au concert en salle.

En treize ans, il s’agit pour le combo montréalais du dixième concert sur le sol belge. Moitié en plein air (Pukkelpop 2005 et 2007, Werchter 2010 et 2017), moitié en salle (Cirque royal, Halles de Schaerbeek en 2007 et 2013, Forest en 2007 et le Sportpaleis en 2014). Et pour le groupe ambianceur du rock, ce n’est pas rien. L’accueil tiède réservé par le public américain au dernier album aux tendances disco pousse le groupe canadien à insister, à se battre pour convaincre. Ainsi l’idée du ring de boxe placé au centre de l’arène. Le parfum disco est réduit à la sono d’avant-concert (Abba, la Cinquième de Beethoven par Walter Murphy, etc.) et aux boules à facettes. L’entrée de l’équipe du Canada, des Etats-Unis (Win et Will) et de Haïti (Régine), comme annoncée par le commentateur respectant la tradition des matchs de boxe au moment de la traditionnelle traversée du public, se fait dans les règles. Les cordes du ring sont vite enlevées pour augmenter la proximité avec les fans qui se massent autour de la scène, avec les neuf musiciens répartis aux quatre côtés du carré, Win Butler parcourant l’espace tel Mohammed Ali quand il ne trône pas au centre sur le podium pivotant des batteries de Jérémy et Régine.

De toute façon, avec les quatre immenses écrans qui surplombent la scène, les musiciens ne nous tournent jamais le dos. En puisant à sept reprises dans le tant décrié (à tort) Everything Now, Arcade Fire en donne une version qui ne trahit en rien leurs idéaux rock. Le groupe reste une formidable machine à mélodies aux rythmes énergisants. Sur scène, ils restent ce qui se fait de mieux dans le genre, surtout quand tous les albums sont passés en revue, même Neon Bible avec la plage titulaire et “No Cars Go”. Les quatre bombes de Funeral restent les préférées du public qui apprécie aussi que The Suburbs soit visité à six reprises et Reflektor à trois. Régine, la vraie patronne, aime toujours autant les tenues scintillantes et n’hésite pas à rejoindre la foule pour danser comme une foule sous le mirrorball, ce que fera également Win à deux reprises. Le light-show est tout aussi impressionnant. Contrairement à Londres (Florence, Jarvis Cocker, Boy George) ou Glasgow (Jim Kerr), il n’y a pas d’invités prestigieux pour les rejoindre à Anvers mais s’invitent ici par de brèves citations: Nirvana (“Smells Like Teen Spirit” dans “Rococo”), Bowie (son visage dans “Reflektor”), New Order (“Temptation” dans”Afterlife”) ou les Cranberries (“Linger” dans “Everything Now (Continued)”).

Comme Arcade Fire ne fait jamais rien comme tout le monde, c’est un groupe de jazz, le Preservation Hall Jazz Band de la Nouvelle-Orléans où vivent en partie Win et Régine, qui se charge de la première partie de cette tournée européenne et qui rejoint le groupe pour le final avec “Wake Up” se prolongeant en chorus dans la salle.

Arcade Fire l’emporte par K.O. en un peu plus de deux heures. Avec toujours ce sens du faux boxon où chaque musicien est à sa place. Faut dire que le groupe n’a jamais perdu aucun de ses matchs…

THIERRY COLJON

Arcade Fire sera au Pukkelpop le 16 août.

PROGRAMME

Everything Now
Rebellion (Lies)
Here Comes the Night Time
Peter Pan
No Cars Go
Electric Blue
Put Your Money on Me
Neon Bible
Rococo
Suburban War
Neighborhood #1 (Tunnels)
The Suburbs
The Suburbs (Continued)
Ready to Start
Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)
Reflektor
Afterlife
Creature Comfort
Neighborhood #3 (Power Out)
We Don’t Deserve Love
Everything Now (Continued)
Wake Up
Wake Up Chorus


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