Charlotte For Ever

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Charlotte Gainsbourg a ouvert mercredi les Nuits Botanique dans un chapiteau complet depuis longtemps. Avec un concert court mais bon.

Jawhar est sans doute celui qui a hérité de la meilleure place en ces Nuits 2018. Juste avant Charlotte Gainsbourg, la plus attendue des artistes de cette vingt-cinquième édition. Sa pop en arabe tout en finesse et délicatesse était une belle ouverture avant le plat de résistance: le premier concert belge de Charlotte depuis six ans et ces mêmes Nuits Bota. Un concert d’autant plus attendu qu’il défend un des plus beaux albums parus l’an dernier, Rest. Un disque dont Charlotte est bien décidée à nous livrer les nombreuses perles, entourée d’un groupe qui en restitue les plus subtils détails en y insufflant une belle énergie grâce à un batteur bien déchaîné.

Charlotte ne change pas. Sa timidité la pousse toujours à se cacher derrière ses chansons et, cette fois, un décor de néons blancs très arty. La fille de Serge n’est pas plus bavarde que d’habitude mais son sourire vaut tous les discours. Tout de denim vêtue sur un t-shirt noir, Charlotte a l’élégance féline, le charme naturel d’une liane occupant aisément l’espace. Tout est nature chez cette artiste qui ne surprend qu’en ne visitant qu’à une seule reprise ses albums 5:55 (“The Songs That We Sing”) et IRM (“Heaven Can Wait”). Mais quels jolis cadeaux que les deux titres qui l’associent définitivement à l’oeuvre de son père: “Charlotte For Ever” (juste après l’émouvant “Kate” chanté du fond de scène) et (juste après la reprise de “Runaway” de Kanye West) “Lemon Incest” de sa voix préservée d’enfant. Un choriste est souvent là pour doubler sa voix mais Charlotte n’élude pas la difficulté. Sa voix est claire et bien en place.

Alors oui, soixante minutes et dix de rappel, montre en main, c’est court mais, bizarrement, cela nous a suffi. Charlotte ne rallonge pas inutilement ses chansons. Elle va à l’essentiel sans diluer son talent. On retiendra en particulier le très beau “Deadly Valentine” qui nous a rappelé que c’est bien un groupe soudé qui a livré, mercredi, le meilleur d’un répertoire dénué de toute faute de goût.

THIERRY COLJON

PROGRAMME

Lying With You
Ring‐a‐Ring o’ Roses
I’m a Lie
Songbird in a Cage
Sylvia Says
The Songs That We Sing
Les Crocodiles
Deadly Valentine
Kate
Charlotte for Ever
Rest
Heaven Can Wait
Les Oxalis
Runaway
Lemon Incest


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