40 ans après, Brel “frère” encore

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Le spectacle “Je m’appelle Jacques Brel” a été créé ce week-end à Forest National, quelques mois avant la célébration des quarante ans de la mort du grand Jacques.
Brel est de retour par le biais de cette nouvelle production ambitieuse du groupe anversois Music Hall qui a choisi le Louvaniste Filip Jordens et le Brussels Philharmonic Orchestra, sous la direction de David Navarro Turres, pour lui rendre hommage, dans une mise en scène de Dirk Decloedt. Une vision flamande donc ? Nous dirons plutôt bilingue, à l’image de la version du “Plat pays” qui ouvre le spectacle. La vingtaine de chansons de Brel sont entrecoupées d’images d’archives, d’extraits d’interviews (sous-titrées) du chanteur décédé le 9 octobre 1978. “Marieke” et “Les Flamandes” ne sont pas oubliées (contrairement à “Bruxelles” à laquelle a été préférée “Madeleine” à l’ambiance bruxelloise, pour clôturer les deux heures de spectacle).
Filip Jordens est un Jacques très crédible depuis de longues années. Il roule les R et porte le traditionnel costume noir mais il ne cherche pas à imiter Brel. Il l’interprète à sa façon, assez fidèle, sans le copier. Il reste sobre, comme de garder les bras dans le dos sur “Les Marquises” que Brel n’a jamais chantée en public. L’orchestre symphonique aussi préfère la délicatesse à la grosse artillerie. Le choix des chansons évite également l’effet juke-box. Si les succès “Ne me quitte pas”, “Quand on n’a que l’amour” ou “Amsterdam” sont bien là, on apprécie de retrouver “Les fenêtres”, “Une île”, “Sur la place”, “Fernand” ou encore “Mon enfance”.

Délicatesse toujours avec la mise en scène qui propose des projections oniriques sur d’immenses toiles servant de décors. Tout est fait ici pour ressusciter fidèlement, sans la trahir, l’œuvre de Brel. Ses chansons, quarante ans après sa mort, n’ont pas pris une ride. Elles parlent quasiment toutes d’amour et d’amitié, sentiments éternels touchant tous les âges. Les fans de Brel peuvent aisément être rejoints par les nouvelles générations qui, ainsi, avec cette mise en scène moderne et distinguée, se rendront compte à quel point un Brel peut leur parler encore. On pourra d’ailleurs prolonger l’expérience en septembre prochain, avec le même Filip Jordens pour la nouvelle production de L’homme de la Mancha proposée par le KVS. Encore des Flamands ? Oui mais en coproduction avec la Monnaie et le Théâtre de Liège cette fois!

THIERRY COLJON
“Je m’appelle Jacques Brel”, le 12 octobre au Capitole de Gand et le 14/10 à la salle reine Elisabeth d’Anvers. Infos: musichall.be


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