Nuits Sonores, nuits câlines

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Le festival de musiques électroniques se déroulait ce week-end à Lyon avant d’investir Bozar au mois de septembre pour une deuxième édition bruxelloise qui s’annonce grand format.

Ici Lyon

Avec 1,6 million d’habitants, l’ancienne capitale des Gaules n’est pas beaucoup plus grande que Bruxelles. Mais lorsque Nuits Sonores prend ses quartiers, c’est dans tous les recoins de la ville. Quarante-sept lieux différents, dont cinq principaux (principalement des anciens bâtiments industriels retapés qui donnent au festival une touche berlinoise en bord de Saône et de Rhône), accueillent des pointures de la scène électronique. Têtes de ponts de cette seizième édition : Daniel Avery, Rone, Laurent Garnier, The Black Madonna, Chloé, Paula Temple, Four Tet… Mais aussi du jazz avec Kamasi Washington, du hip-hop avec (cocorico!) La Smala et Caballero & JeanJass ou du rock et de la world disséminés dans toutes les salles de concert de la ville. Bref, durant cinq jours, Lyon vibre au son des beats, mais aussi de conférences et discussions, de forums divers sur la culture en Europe et l’Europe de la culture.

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Ancienne usine à sucre située le long de la Saône, la Sucrière (qui porte bien son nom) accueille la programmation de jour (et les DJ set plus select de la nuit). Une énorme bâtisse dans laquelle ont été aménagées trois scènes dont une centrale (avec DJ booth au centre de la salle) sur laquelle on a pu apprécier le set millimétré de Daniel Avery. Si Song for Alpha, le dernier album de l’Anglais, est plutôt ambient et apaisé, son set live repose bien sur l’envoi de beats lourds et froids, deux heures durant, avant que Helena Hauff n’enfonce le clou techno de façon plus dure encore. Il est à peine 22 heures quand le gros de l’affiche se termine à la Sucrière, ce qui pousse la meute à migrer. Car la nuit est encore longue, dans toutes les salles de la ville qui offrent une progammation pour tous les goûts : rock au Transbordeur, world au Marché Gare, et un mix des deux au Périscope. Entre autres…

Côté nuit électro, ce sont les Anciennes Usines Fago-Brandt, dans l’ancien quartier industriel de la ville aujourd’hui retapé, qui accueille les festivaliers. Un endroit à la berlinoise, de gigantesques hangars aux couleurs flashy dans lesquels, et c’est un miracle (ou plutôt « un travail de longue haleine », selon les organisateurs), le son est quasiment parfait. Chloé y a présenté son excellent album Endless Revisions, le beat lourd et lancinant, devant près de 10.000 personnes. Tête d’affiche de la soirée de jeudi, Rone a enchaîné dans une grosse ambiance, qui est pourtant restée bon enfant. A côté La Smala et Cabellero & JeanJass rameutent les fans de hip-hop de chez nous, et il y en a. Coup de sifflet final vers 5 heures du matin.

Au niveau de l’organisation, au-delà de la logistique son/lieux, c’est surtout l’absence d’argent volant qui dénote. Le principe ? Une carte de crédit à recharger pour chaque festivalier. En un bip, les boissons et nourritures sont payées, ça évite les files et la recherche sempiternelle de tickets-jetons. Après le festival, il est possible de se faire rembourser sur une simple demande sur le site de NS.

Pour résumer, on parle beaucoup du Sonar à Barcelone dès qu’il s’agit de festival electro, mais les Nuits Sonores lyonnaises valent bien le déplacement dans une perspective beaucoup moins fiesta en bord de plage, mais confort d’écoute, espace et tous les atouts d’un festival dans une ville qui est aujourd’hui, après seize ans de travail, centrale dans le circuit électronique européen.

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Et Bruxelles ?
Après une première édition du côté du Palais 11 au Heysel, Nuits Sonores s’installera à Bozar du 27 au 30 septembre. Il prendra le relais du Bozar Electronic & Arts Festival (BEAF). Alors que des questions se posent quant à savoir qui d’Arty Farty (qui organise les Nuits Sonores) ou de Bozar aura la main sur la production et la programmation, on nous a assuré qu’il s’agissait d’ “un projet collectif”, main dans la main, ou presque. C’est néanmoins bien l’équipe de Nuits Sonores qui s’occupe de la programmation… avec l’approbation de Roel Vanhoeck de Bozar.

Bozar annonce déjà que les petits plats seront mis dans les grands, avec six scènes, dont une extérieure et une salle Henri Le Boeuf transformée en dancefloor : les fauteuils seront retirés (vive les roulettes!) et la cabine DJ sera disposée au premier balcon. En prime, un parcours de nuit aura lieu dans différents endroits de Bruxelles (le Beurs, l’AB, le Brass, le C12, la Vallée…). A côté des concerts, des expos autour des arts numériques et le European Lab, forum qui se proposera de présenter des conférences et discussions sur la culture européenne. Les premiers noms de Nuits Sonores Bruxelles seront dévoilés le 7 juin.

DIDIER ZACHARIE

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Journaliste lesoir.be

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