Les bonnes “vibes” de Kamasi Washington

KAMASI WASHINGTON

Le saxophoniste angeleno venait nous présenter son nouvel album à paraître le 22 juin dans une Madeleine moite et étouffante. Good vibes

Il y a un mystère qui se devait d’être résolu. Comment Kamasi Washington, jazzman finalement très classique, s’est amouraché le public rock avec son magistral et monstrueux The Epic ? Réponse fut donnée ce mercredi dans une salle de la Madeleine à Bruxelles quasiment comble, moite et étouffante comme un vieux club de Harlem, tandis que le deuxième (et double) album du bonhomme Earth/Heaven ne sortira que dans quelques semaines (le 22 juin) : ça joue !

A huit sur scène, avec deux batteurs funky en diable, une chanteuse perchée chez Krishna, un pianiste, contrebasse et cuivres, le groupe de Mr. Washington ne pouvait recréer l’ampleur du son de ses albums (sur lesquels ils sont jusqu’à septante musiciens…). Par contre, le saxophoniste et ses sbires ont retrouvé une merveilleuse vibe toute seventies, offrant un joyeux (faux) bordel en bande qui nous a ramenés du côté du P-Funk de George Clinton, de l’afrobeat ou des groupes funk rock à la Sly & The Family Stone, le tout dans un carcan jazz. Par moments, comme sur le merveilleux final funky « Fist of Fury » (titre d’ouverture du nouvel album), c’était presque du Led Zeppelin sans guitare !

« I’m black and I’m proud ! » Quelque part, c’est le message qu’on retient de ce concert de deux heures durant lequel la troupe californienne a égrené six à sept titres tout au plus, dont la merveille « Truth » et ses « cinq mélodies différentes jouées en même temps ». Si le son de la Madeleine n’était peut-être pas optimal pour une écoute façon casque Bose, l’énergie était palpable. Le bonhomme lui-même nous disait récemment que son but en concert, « n’était pas de recréer le disque, celui-ci existe déjà, mais de créer un momentum et partager l’énergie avec le public ». Et cela fut fait. Aisément. Largement.

A tel point qu’il est bon de se demander pourquoi le jazz est systématiquement programmé dans les (trop) belles salles de Sa Majesté. Le jazz est un hurlement, une expression de liberté qui a besoin de se lâcher. C’est de sueur qu’il réclame, le jazz ! De soufre et de foutre ! D’un moment de communion païenne loin du silence et des applaudissements polis, mais dans la moiteur d’une salle surchauffée. Bref, de rock n’ roll ! Et c’est ce que Kamasi Washington nous a rappelé mercredi. Avec un tout bon esprit.

DIDIER ZACHARIE
Photos PIERRE-YVES THIENPONT

Setlist : Re-Run/ Malcolm’s Theme (Terrence Blanchard cover)/ The Soulness/ Truth/ Bobby and Tony’s Day Off (drums solo)/ The Space Traveller’s Lullaby/ Fist of Fury

KAMASI WASHINGTON

KAMASI WASHINGTON

KAMASI WASHINGTON

Album « Earth/Heaven », disponible le 22 juin.

Notre interview sur Le Soir Plus : « Jazz et hip-hop sont l’expression d’une rébellion »

Journaliste lesoir.be

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1 commentaire

  1. NW

    1 juin 2018 à 14 h 06 min

    C’est vrai! Quel plaisir d’assister à un concert debout dans une salle ou la température frise les 30 degrés avec un son d’une qualité très moyenne ne rendant pas honneur à la qualité des musiciens sur scène et qui sont de toute façon très difficiles à apercevoir compte tenu de la disposition de la scène!

    Je ne vois pas en quoi ces conditions représentent pour vous le rock’n'roll d’autant que le prix de la place ne l’était pas non plus, “rock’n'roll”.

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