Les Guns N’ Roses ont toujours de l’appétit pour la destruction

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Axl, Slash et Duff revenaient faire un tour au plat pays afin de confirmer devant le public du Graspop que personne ne leur arrivait aux Stetson boots.

Personne ne nous a cru ! On a eu beau l’écrire dans toutes les langues, le démontrer par A + Z, le dire et le redire que oui, les Guns N’ Roses étaient ressuscités – mieux !, qu’Axl était ressuscité ! – et qu’ils nous avaient mis une branlée comme jamais on ne s’en était prise – double coup de boule, explosion du tarin et coup de poing américain dans la jugulaire, tout ça en moins de trois minutes. C’était il y a un an, sur la plaine de Werchter. Mais rien, que foutre !, sinon ces rires sardoniques et crachats dédaigneux. Personne ne nous a cru. Autant pisser dans une baignoire ! (?…)

Alors, comme pour Saint Thomas, il a fallu amener les Guns devant eux. Eux dont le jugement est impartial, radical et sans chimère, eux qui doutent tant qu’ils n’ont pas mis la paluche dans la plaie sanglante, eux qui décideront, in fine, de l’Evangile à conserver, de l’Histoire à officialiser, eux : les Métalleux. Eh bien, j’va vous dire: ils s’en sont pris plein la tronche, les Métalleux !

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Certes, ce ne fut pas aussi direct et évident que la dernière fois – quoi que… Mais ce fut bien Waterloo à la mitrailleuse. Les Guns, qui tournent à nouveau depuis deux ans maintenant, proposent un concert comme une pièce de théâtre. Un show (gros) son et vision dans ta gueule qu’ils jouent à l’identique (à quelques titres près) et à la perfection de ville en ville, de territoires conquis à territoires à conquérir. Pour nous, l’effet de surprise est passé. Et puis, savez comme on dit : c’est toujours mieux la première fois. Mais ça ne signifie pas qu’on ne jouit pas la deuxième fois!

Il suffit d’un appel. D’un hurlement de hyène pour entrer de plein pied sur le champ de bataille. Pour entrer dans la JUNGLE ! Iiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnhhhhhhhh !!!! A chaque fois. A chaque fois ! Et à partir de là, c’est shotguns et marteau-pilon. De l’acier. Du métal incassable. « Double Talkin’ Jive », « Live and Let Die », un foockin’ « Rocket Queen » au foutre avant « une chanson d’amour », « You Could Be Mine ». Ca va. Ca va ! Section rythmique d’acier, guitares qui… Pfffff… Guitares qui s’amusent, fieu !, tout simplement. Slash est là, la même tronche que toujours, on lui donne un cadre, et il y va. Dans tous les sens, en haut, en bas, strident, urgent ou doux comme un agneau (ça arrive, sur le passage « Wish You Were Here »), Slash est un dieu. Oui Môssieur ! Et ce groupe est monstrueux !

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Sinon, comment va Axl ? « Non, non. C’est Monsieur Axl ! » Et Monsieur va bien. ‘fin, il fait peur, hein. Avec son visage bouffi blanc-pivoine, ses bagouses et autres joujoux en or, autant rester de l’autre côté de la barrière. Et pourtant Axl est doux comme un ange. Il s’est même promené au Kavka à Anvers la veille pour y voir jouer The Pink Slips, le groupe de la fille de Duff, devant quarante personnes, discutant avec les fans, montrant ses tatouages, tranquillement, paisiblement…

Oui, mais, comment va Axl ? Vous voulez tout savoir ? J’ai un peu peur pour Axl. ‘tention, Axl est là, et bien là, l’empereur de la jungle urbaine, il n’y a personne qui ira lui chercher des noises, c’est lui qui mène les troupes et sa seule présence sur une scène ridiculise toutes les autres passées, présentes ou futures (pauvre Jonathan Davis qui passait avant et avait l’air encore plus dépressif que du bon temps de Korn…). Axl EST. Tout simplement. Mais pour combien de temps encore ?

C’est que le cri de hyène enragée ne nous a pas transpercé le thorax comme l’an dernier. Et que le timbre semble s’enrayer, petit à petit, à force de donner durant trois heures chaque soir. Ou était-ce simplement le vent ? Le fait que la voix était quelque peu sous-mixée ? Mais, s’il s’agissait de la dernière scène ? De la dernière tournée ? De l’ultime chance de voir les Guns N’ Roses, le groupe de rock le plus dangereux du monde, le groupe qui a ressuscité le rock n’ roll et le maintient, seul, en vie, au sommet du Mont des Péchés, l’appétit pour la destruction toujours pas satisfait, le sabre dans une main et le shotgun dans l’autre, s’il s’agissait de l’ultime chance de voir ce groupe de rock’n'roll monumental avant une rechute qui s’avérerait, cette fois-ci, définitive ? Et si tout cela ne durait pas ? Une seule chose nous fait refuser cette tragique hypothèse : Axl ne meurt jamais.

DIDIER ZACHARIE
Photos MATHIEU GOLINVAUX

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Setlist: Intro/ It’s So Easy/ Mr Brownstone/ Chinese Democracy/ Welcome to the Jungle/ Double Talkin’ Jive/ Better/ Estranged/ Live And Let Die/ Slither (Velvet Revolver cover)/ Roquet Queen/ Shadow of Your Love/ You Could Be Mine/ Attitude (Misfits cover)/ This I Love/ Civil War (Voodoo Child outro)/ Used To Love Her/ Yesterdays/ Coma/ Slash Guitar Solo/ Speak Softly Love (The Godfather love theme)/ Sweet Child O’Mine/ Wichita Line Men/ Don’t Cry/ Wish You Were Here (Pink Floyd cover)/ November Rain/ Black Hole Sun (Soundgarden cover)/ Knokin’ On Heaven’s Door (Bob Dylan cover)/ Nightrain RAPPEL Patience/ Sorry/ The Seeker (The Who cover)/ Paradise City/ Outro You Know My Name (Chris Cornell)

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Journaliste lesoir.be

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