#LesArdentes18 : Le combat des chefs

estival Ardentes 18/jour 1

A ma gauche, le roi Damso. A ma droite, les empereurs JoeyStar et Kool Shen, alias NTM. Suprême NTM, même. Le premier jour de ces nouvelles Ardentes s’est clôturé sur du lourd, ce jeudi. Du très lourd, même.

Il est 21h et la ponctualité étant justement la politesse des rois, Damso attaque son set avec « Ipséité », un set qui va s’avérer identique à celui livré à Couleur Café il y a quelsues jours à peine. Identique, décalque ? Pas tout à fait, et déjà parce qu’il a enfilé son maillot des Diables Rouges floqué du numéro 18. Entre le clin d’œil et le pied de nez, si vous voyez ce que je veux dire. De l’autre côté de la barrière, le Parc est noir de monde. Filles et garçons, moyenne d’âge réduite, enthousiasme débridé. Là, plus de doute : en opérant ce virage quasi à cent pour cent urbain, les Ardentes ont réussi à fidéliser un public jeune et se retrouver en phase avec les goûts du plus grand nombre. Quant à The Damso, il est chez lui. Déambule tranquille, un peu comme devant sa cour. Les beats claquent, les basses font vibrer les corps. Lui apprécie en souriant quand le public chante à sa place. S’offre un petit duo avec Kalash, sous l’œil attentif de son garde du corps. Tranquille, on vous dit…

estival Ardentes 18/jour 1

Quel contraste du coup avec le retour aux affaires de NTM. Un retour qui n’est pas passé inaperçu, la presse s’était déjà fait écho des concerts donnés à Bercy en mars dernier. Le duo, comme le rappelle JoeyStarr, a beau afficher 100 ans au compteur (50 plus ou moins par tête de pipe), il occupe les planches à la sauvage. A l’énergie. Pas loin du punk. Façon Grands Anciens venus fêter cette résurrection mais aussi un peu récupérer leur dû, au beau milieu de toute cette jeune génération de rimeurs constituant la plus grosse partie de cette affiche 2018, et devant un public où les plus jeunes sont allés voir ailleurs.

Alors oui, des rappeurs quinquas, ça tranche un peu dans la vague ambiante des gamins. Et donc, il faut bien s’asseoir une fois ou deux. Laisser aux dj’s (Pone et R-Ash) le soin d’ambiancer avec un duo électro. Ou s’en aller souffler en backstage le temps que le comparse se fende d’un petit titre perso, ou d’une collab’ avec l’un ou l’autre guest. C’est par exemple ainsi qu’on verra JoeyStarr retrouver Nathy (avec qui il a formé les Caribbean Dandee) pour « Murda ». Et puis, des invités, il en défile ce soir aussi, genre Raggasonic, pour « Aiguisé comme une lame ».

Frontstage - NTM

Là où Damso s’avance en terrain conquis, NTM, moitié câble à haute tension tombé sur les voies, moitié fauve psychotique, fait joujou avec une grenade dégoupillée. Reste que le Belge comme les Français comptent assez de titres emblématiques pour rallumer l’incendie quand les flammes faiblissent quelque peu. « Seine Saint-Denis Style », « Police » (« Assassin de la police » peut-être, mais, rappelle Joey, « c’est comme les transports en commun, on a aussi besoin d’eux), « Ma Benz » et « Pose ton gun » font évidemment le job. Pareil pour « Qu’est-ce qu’on attend »… pour foutre le feu : les trois lettres-écrans en fond de scène s’illuminent de grandes flammes. Et, bien sûr, « Laisse pas traîner ton fils », toujours aussi poignant, même en configuration festival, c’est-à-dire délivré sur fond de beats plus appuyés.

Ardentes jour 1 : ces deux têtes d’affiche ont plié le game !

Didier Stiers
(Photos Damso : Benoît Bouchez)

 

Setlist Damso : Ipséité – Périscope – Débrouillard – Kietu – #QuedusaalVie – Noob Sailbot – Lové – Signaler – BruxellesVie – J respect R – TieksVie – Mobali – Kin la belle – NMI – Mosaïque solitaire – Smog – Feu de bois – Mwaka moon – Macarena

Setlist NTM : On est encore là – Qu’est-ce qu’on attend – C’est clair – Pass pass le oinj – Tout n’est pas si facile – Affirmative action (Saint-Denis style remix) – Aiguisé comme une lame – Pose ton gun – Fallait k’sa bug – L’avenir est à nous – Paris sous les bombes – Seine Saint-Denis style – Popopop – Laisse pas traîner ton fils – Police – Dans mon secteur – Murda – Ma Benz – Qui paiera les dégâts ? Rappels : That’s my people – IV my people

 

Didier Stiers

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