Werchter: la tactique gagnante de Gorillaz

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Pour terminer la première journée de Rock Werchter, Gorillaz a joué son match sans dévier des consignes de jeu de son tacticien et a remporté une victoire facile et méritée.

« Le coup le plus rusé que le Diable ait jamais réussi, c’est de faire croire à tout le monde qu’il n’existait pas ». On pourrait reprendre cette maxime du légendaire Keyser Söze et l’adapter à Damon Albarn. Son coup le plus rusé, à lui, étant d’avoir fait croire à tout le monde que Gorillaz n’était pas son groupe. En vrai, ils ont beau être une dizaine sur scène, sonner tambours et trompettes, se passer le micro comme des coureurs de relais, le cirque se résume à une seule tête, Monsieur Albarn conduisant ses sbires là où il a décidé d’aller, non plus en chanteur, non plus en compositeur ou leader de groupe, mais en véritable chef d’orchestre pop. Ce type est un génie de la trempe de tous les moustachus des siècles passés dont les noms envahissent notre mémoire et on en est à peine conscient.

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Mais restons concentré, il y a un match à jouer. D’autant que Gorillaz n’a même pas donné le meilleur concert de cette première journée (nous y reviendrons), mais s’est contenté d’assurer avec une classe folle et ce qui semble être une facilité déconcertante son statut de tête d’affiche. Un concert/spectacle, mais réellement un concert, à la setlist irréprochable, naviguant entre classiques d’entrée de jeu (« M1A1 », « Last Living Souls ») et titres du tout nouveau The Now Now qui passent merveilleusement la rampe live. Le son, surtout, est assez énorme. De quoi assurer le résultat sans même avoir à se forcer. Et pourtant, à regarder ce type en sweatshirt jaune informe et baskets défoncées aller d’un bout à l’autre de la scène, prendre une guitare ou s’installer aux synthés, donner ses consignes d’un seul regard ou s’effaçant pour mieux revenir sur le devant de la scène, transpirant, dégoulinant, concentré sur sa tâche comme une défense uruguayenne, on est tout simplement fasciné.

Alors, bien sûr, on peut regretter un manque de spontanéité, un manque de jeu (au sens premier), tout est tellement cadré, pensé, développé selon la vision du démiurge. Mais un concert de Gorillaz est une entreprise tellement ambitieuse… Et avec ça, le groupe donne, c’est groovy en diable, ça claque et quand arrive « Stylo », la machine redouble d’intensité, « Dirty Harry », « Feel Good, Inc. », c’est imparable comme une contre-attaque à la 93e minute. Alors, quand le tacticien lâche la bride et fait un clin d’oeil aux Diables Rouges en citant (en bon supporter de Chelsea) Eden Hazard dans les paroles de « Kids With Guns », il n’y a plus rien à ajouter. C’est sûr, on va gagner.

DIDIER ZACHARIE
Photos MATHIEU GOLINVAUX

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SETLIST: M1A1/ Tranz/ Last Living Souls/ Rhinestone Eyes/ Tomorrow Comes Today/ Every Planet We Reach Is Dead/ Humility/ Superfast Jellyfish (avec De La Soul)/ On Melancholy Hill/ El Manana/ Strobelite (avec Peven Everett) INTERLUDE Andromeda/ Hollywood (avec Jamie Principle)/ Garage Palace (avec Little Simz)/ Stylo (avec Peven Everett et Bootie Brown)/ Magic City/ Dirty Harry (avec Bootie Brown)/ Feel Good Inc. (avec De La Soul)/ Souk Eye RAPPEL Lake Zurich/ Saturnz Barz/ Kids With Guns/ Clint Eastwood (avec Del The Funky Homosapien)

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Journaliste lesoir.be

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