#LesArdentes18 : Coupez, décalez !

Frontstage - Chaton 1

Entre les grosses pointures du rap francophone, ce samedi, Niska, Orelsan ou BigFlo & Oli pour ne pas les nommer, nous avons tenté les outsiders. Du côté de la petite scène de La Rambla. Juicy et Chaton : bons plans…

Il est lyonnais, il s’appelle Simon Rochon Cohen dans la vraie vie, et sur scène, c’est juste Chaton. Chansons autotiounées, boucles et beats, textes empreints de dérision un peu mélancolique : avec ce (très) chevelu, on est quelque part du côté d’un Sébastien Tellier ou d’un Eddy De Pretto moins cru. L’homme a mariné pendant un paquet d’années dans la variété, écrivant pour Yannick Noah, Jenifer, Lorie, Natasha St-Pierre, Amel Bent… Ne flippez pas, il a aussi touché au reggae sous le pseudo de Siméo, le premier concert qui l’a secoué, c’était un live de Black Uhuru, et aujourd’hui, il met toujours le plus grand respect sur la prod de Random Access Memories, l’album de Daft Punk. Sur son premier à lui, Possible, il joue avec une poésie, comme il dit, un peu impudique. Et vaguement dépressive. Parle des garçons qui aiment leur mère (« N’importe quoi »). Écrit « Tu trouves ça con je trouve ça sublime/De bander plus fort pour ma femme que pour des gamines » (« Monde entier »)… En live, on est constamment sur le fil du kitsch, mais 50 minutes, c’est juste ce qu’il faut. Chaton s’amuse et les gens aussi, comme sur « Coco », quand il tente de créer des boucles à partir des cris du public. Le 26 août, il sera de retour en Belgique, pour jouer aux Solidarités ; ça devrait le (re)faire.

Frontstage - Chaton 2

Dans le genre foufou, en tout cas, un peu en marge des sonorités qui dominent dans ces Ardentes livrées au rap, intégralement ou presque, Sacha et Julie de Juicy ne sont pas mal non plus. Scénographie travaillée, chorégraphies rigolotes, tenues de scène (ça va, les manteaux, par cette météo ?), bref, de la fantaisie, et puis des chansons où se mélangent joyeusement pop, rap, jazz, soul, r’n’b… Parce que ces filles là ont aussi un grain de voix et des choses à raconter. Revoyez le clip de « Count our fingers twice », tenez ! Et soyez attentifs : celui qui illustre « For hands on ass », le dernier extrait de leur ep, arrivera pour Dour. Pile dans l’actu, à propos d’un sujet bien évoqué depuis le début de la saison des festivals.

Frontstage - Juicy

Après Couleur Café et ces Ardentes, elles seront encore à Dour (le 11) et puis d’Esperanzah (le 4 août). Sur le circuit festivalier belge, ou en tout cas francophones, on appellerait ça un strike. Confidence au bar presse : « Couleur Café, c’était notre premier gros festival avec ce projet. On est hyper contentes. C’était impressionnant d’être sur la scène de Couleur Café parce que c’est un festival qu’on fait depuis très longtemps en tant que public. Et c’était la plus grosse scène qu’on ait jamais faite avec Juicy. »

Clairement, ça se prépare autrement que, disons, une première partie d’Angèle. « Le set est plus long, il faut tout donner. On a travaillé ce set de festival avec un coach scénique, via le Studio des Variétés. Il nous a aidé à créer un set pour Angèle, dynamique, rentre-dedans, de 30 minutes. Et là, il fallait un set de plus ou moins une heure. Bien construit… Aujourd’hui, presque tous les rappeurs et les chanteurs sont pratiquement des chauffeurs de salle, or nous on joue tous les instruments, et on ne voulait donc pas se retrouver bloquées, minimisées physiquement. Par conséquent, on a vraiment développé ça. »

Les deux de Juicy ont commencé par des reprises. Alors ce soir, celle de leur setlist sera  « La boulette » de Diam’s. Pour Chaton, juste avant, c’était celle de Tsélin’ Dion. « Pour que tu m’aimes encore ».

Didier Stiers

 

Didier Stiers

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