C’était #LesArdentes18…

Frontstage - Ardentes - Massive Attack

En passe de devenir « la » référence du public qu’il visait, le festival toujours accueillant a vécu une édition record. Faite de quelques sold out, d’invités de taille et de l’inévitable stress de dernière minute.

Seuls les Diables Rouges ont attiré plus de monde que Damso, nous disait en substance Fabrice Lamproye, le programmateur, dimanche après-midi à l’heure du premier bilan de cette édition qui aura rassemblé par loin de… 100.000 festivaliers en quatre jours ! OK, c’est du lourd, mais on demande quand même un recomptage pour BigFlo & Oli, à Liège comme à la maison. Et pour Orelsan, aussi impressionnant samedi soir, samedi sold out rappelons-le, qu’en mars à Forest National. « La fête est finie » pour commencer, un peu surélevé en fond de scène, éclairé par l’arrière, et il enchaîne avec « Basique » et « La pluie » (sans Stromae ce coup-ci) : imparable, et le public dans lequel on croise aussi des familles, est rapidement dans sa poche !

Du monde, il y en a aussi un maximum ce dimanche à la Rambla pour Bhad Bhabie. Il y en avait déjà samedi pour onduler avec l’irrésistible Omar Souleyman, mais là, c’est tellement bondé que ça déborde sur l’allée en bord de Meuse. Motif de cette curiosité : Danielle Bregoli, c’est son vrai nom, a 16 ans et après avoir fait les beaux jours d’une téléréalité US est devenue une star des réseaux sociaux désormais marketée en produit musical. Grosses basses standards, mais ça marche, la preuve… L’heure est aux emballements tellement rapides qu’on n’a parfois plus le temps de voir poindre les phénomènes.

Frontstage - Ardentes - Omar Souleyman

Déception par contre, vraie celle-là, avec Moha La Squale. Et Dieu sait si tout ce qui a déjà été dit et écrit sur ce garçon issu d’un quartier du nord de Paris (La Banane) a pu titiller les curiosités ! Ex-dealer (« Tu t’prends pour un narco mais t’es un vendeur à la sauvette/J’enfile mon survêt’ et j’m'en vais faire des pépettes », rime-t-il dans « Bandolera »), il s’est retrouvé un peu par hasard acteur dans un court-métrage belge (« La graine ») avant de passer, pris au jeu, par le cours Florent… Alors sur la scène du Parc, c’est de l’énergie, des sourires en veux-tu en voilà, bref, une chouette présence, mais son set par contre n’est pas (encore) en place. Tel qu’on l’a vu en tout cas. De la part de celui qui s’est fait connaître en postant chaque dimanche un freestyle sur la Toile, on s’attendait franchement à quelque chose de solide, de sérieux. Pendant que son dj demande plus de bras en l’air, lui semble rapper sur une « bande » sur laquelle ne figure manifestement pas que la musique. Ou alors, y a-t-il un binz au niveau de la voix ? Bref, une copie à revoir, même si son premier concert remonte à fin février (nous apprennent les Inrocks), et ses premiers textes de rap à même pas deux ans.

Frontstage - Cocaine Piss

Au Wallifornia Park, c’est presque comme si un mini festival s’était installé dans le festival. Avec une foule d’animations : karaoké, danse, initiation à la bombe (de peinture), open mic, tatouages… Et, méga surprise : du rock ! Avec Cocaine Piss, mesdames et messieurs ! Plus rock que ça, c’est difficile. Le groupe joue deux fois ce dimanche, après et puis avant Onmens. C’est que la programmation de l’endroit a été confiée à PopKatari, organisateur de soirées indie en région liégeoise. Outre Rumours et Bleed, on y voit donc les Gantois techno punk d’Onmens et les punks tout court de la bande à Aurélie. Si devant elle, les connaisseurs étaient une vingtaine au départ, elle a dérouillé plus d’un tympan de passage si l’on en juge par le nombre d’arrêts de curieux devant cette petite scène et de gsm dégainés pour immortaliser le bazar.

Angèle, dans un festival ces temps-ci, c’est un ticket gagnant direk ! Le Parc est plein pour accueillir la sœur de Roméo Elvis (qui aura fait, lui, un passage surprise en terres liégeoises pour rejoindre ses camarades Caballero et JeanJass jeudi), et l’on y joue 50 nuances de rouge : comme son maillot des Diables noué sur le nombril, son pantalon de training, son lipstick, son clavier et … quelques solides coups de soleil vus ici et là dans un public encore une fois fort familial. Auquel cette prod’ parfaite va comme un gant, même s’il faut constater que la voix passe mieux sur les chansons douces que les plus rythmées.

Frontstage - Angele

Dimanche soir… Skepta s’interrompt à plusieurs reprises, visiblement de mauvais poil. Souci technique ? Trop de poussière ? Moins de monde que pour Mam’zelle Angèle ? Ça n’aide en tout cas pas à maintenir la tension qui est synonyme de ce grime dont l’Anglais s’est fait l’un des grands noms. Dommage.

Frontstage - Ardentes - Migos

L’heure des deux dernières têtes d’affiche approche et le stress des organisateurs grimpe de quelques crans: les mecs de Migos ont loupé leur tapis volant et vont arriver en retard! Et un peu avant, les mêmes organisateurs rappelaient lors du point presse qu’il ne fallait pas mettre tous les rappeurs américains dans le même sac en soulignant le sérieux d’un Wiz Khalifa. Souci: il y a beaucoup de monde qui attend le trio familial d’Atlanta, et une fois son set bouclé, c’est Massive Attack qui doit commencer au Parc. Les vans finissent par arriver, façon hollywoodienne, les fans, bien canalisés par la sécu, manifestent leur contentement. Nous, on va réfléchir à ce que Madonna leur a trouvé si c’est en live qu’elle les a découverts. Et les Bristoliens, eux, qui étaient à Roskilde deux jours auparavant, finiront quand même par mettre, messages à l’appui, classieusement un terme à ces Ardentes. « Put total war off until tomorrow, party », disaient-ils ? C’est ça, ce festival !

Frontstage - Massive Attack 2

Didier Stiers

 

 

Didier Stiers

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