Björk en son jardin d’Eden à Gand

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Björk a rempli, mercredi soir, la place Saint-Pierre à Gand, avec son show Utopia haut en couleur.
Cette Sint-Pietersplein gantoise, on va finir par croire qu’elle n’accueille que des moments exceptionnels. Leonard Cohen s’y est produit huit fois en 2010 et 2012, le temps de laisser la place à Prince deux soirs de juillet 2011. Cette semaine, c’est une artiste bien vivante qui ajoutait son nom à la légende. Björk, hors festivals, a décidé elle aussi d’être unique en investissant la place juste précédée de deux artistes qu’elle avait elle-même choisis: la chanteuse londonienne d’origine nigériane Klein et le DJ producteur écossais Lanark Artefax. Deux artistes qui vont bien avec l’univers avant-gardiste de la chanteuse islandaise toujours friande de collages et de bruitages originaux.
Pour cet Utopia Tour et ce premier concert belge en six ans, Björk veut se montrer rare puisqu’il s’agit du seul concert en Benelux cet été. Une façon comme une autre de marquer sa différence, avec un show relativement bref (seize chansons seulement!) mais haut en couleur. Utopia, du nom de son dernier album (le meilleur depuis une paie il faut dire), c’est un monde imaginaire, une terre fantasmée, une sorte de jardin d’Eden avec une nature luxuriante et sept Elfes flûtistes qui l’entourent en plus d’une harpiste, d’un percussionniste et d’un homme à tout faire derrière ses machines. Dans ce monde enchanté, vert et rose, trône la reine Björk, masquée et habillée tel un oiseau de paradis. Un drôle de volatile il est vrai, passionné de réalité virtuelle (son expo Björk Digital a fait le bonheur des plus grands musées et galeries d’art contemporain) qu’on retrouve sur les grands écrans.
Musicalement, Björk a tenu à rester conséquente avec elle-même, préférant rendre compte de son actualité en puisant à dix reprises dans Utopia plutôt que de se retourner sur son passé. “Isobel” et “Human Behaviour” sont comme des bouées de sauvetage au coeur d’un set qui se clôt par “The Anchor Song” tiré de son premier album et “Notget”. Pas de place ici pour “All Is Full Of Love” ou “Venus as a Boy”. Bjôrk n’est pas du genre à se reposer sur ses hits, préférant faire reposer tout son spectacle sur ses flûtes et sa voix unique. Cela manque parfois un peu de rythme et de variété mais l’ensemble n’en reste pas moins fascinant et forcément original. On aurait préféré voir cela dans un confortable théâtre même si l’univers chatoyant de Björk allait à merveille avec cette douce soirée gantoise de plein air, une nature luxuriante dans la ville pour un contraste qui a bien fonctionné. Fidèle à elle-même, charmante avec son public, Björk reste une artiste entière à nulle autre pareille, préférant avancer dans l’inconnu plutôt que de rechercher – comme beaucoup d’autres – la facilité.
THIERRY COLJON
PHOTO: SANTIAGO FELIPE.

Set liste:

Arisen My Senses
The Gate
Utopia
Blissing Me
Claimstaker
Isobel
Courtship
Human Behaviour
Tabula Rasa
Pleasure Is All Mine
Wanderlust
Features Creatures
Losss
Sue Me
The Anchor Song
Notget


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