#dour2018 : 3 questions à Loud

Frontstage - Loud - Crédit William Fradette

Le plus convaincant de la soirée hip hop du 26 avril aux Nuits Bota, c’était lui ! Simon Cliche-Trudeau, alias Loud, fils de profs et biberonné aux productions US. Le garçon a fait ses premières armes au sein du trio Loud Lary Ajust, crédité d’un album en 2012 et d’un autre en 2014. « Au Québec, ça a quand même été assez gros », commente sobrement l’artiste, auteur d’un « 56k » à 2.700.000 vues sur YouTube. On compte sur lui, pas juste sur son accent, pour rafraîchir un peu le game…

1. C’est l’envie de raconter autre chose qui t’a poussé à tenter le coup en solo ?

Éventuellement… Le groupe était comme ancré dans une période de nos vies. La jeune vingtaine. Ça fonctionnait dans cet esprit-là, mais on n’aurait pas pu maintenir ça éternellement. On a arrêté le groupe au moment où il était le plus populaire. Je trouvais ça intéressant, de dire qu’on arrête quand on est au top, comme ça on ne se laisse pas le temps de retomber. Ou on ne garde pas le groupe malgré nous : ça, ça raconte une mauvaise histoire pour la suite. C’est mieux de dire qu’on arrête, et puis on revient avec des projets presque instantanément, dans la même année, comme une surprise. Je n’ai pas eu l’impression de devoir tout recommencer à zéro. Pas longtemps en tout cas : il y a juste eu quelques incertitudes, dans la mesure où le groupe fonctionnait bien et qu’on aurait pu continuer quand même encore.

2. Quand un magazine comme Les Inrocks titre « Loud est le rappeur québécois que toute la France attend », ça fait quoi ?

J’ai lu ça, ouais, c’est un gros titre ! Tant mieux, je prends ! C’est parfait pour moi : quand je parlais de raconter une histoire, d’arriver avec quelque chose d’intéressant à raconter, c’est la meilleure trame narrative pour arriver ici. Et même par rapport au Québec, ça laisse une forte impression. Après, ce n’est pas à moi de juger, mais c’est sûr que ça influence aussi : à chaque fois qu’on va en France dans un média plus généraliste, c’est repris, donc ça se propage aussi par ce biais-là. C’est un peu devenu la phrase-clé qui a intéressé les autres médias.

3. Aujourd’hui, les rappeurs ont-ils encore besoin des médias « classiques » ?

Pas tous, non, il y en a qui n’en ont pas besoin du tout. Ici, à moins que je me trompe, je n’ai pas l’impression que Booba ou Damso aient besoin des médias. Ou PNL, qui n’ont donné aucune entrevue, et juste envoyé un singe, là… Après, je ne suis pas d’ici, donc c’est difficile de mesurer l’impact de ces médias. On vient, on le teste, et dans le fond, ça nous sert beaucoup parce que ça permet de me faire connaître ici, et d’ouvrir quand même des portes. Mais c’est un outil. C’est un outil d’en faire, et dans mon cas le plus possible, mais c’est aussi un outil, je pense, de tout refuser.

Didier Stiers
(Photo : William Fradette)

Vendredi 13 juillet, Le Labo, 20h45.
Album : Une année record – Suite de l’interview : dans le Mad du 11 juillet

 

 

Didier Stiers

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