#dour2018 : Ça part pas mal !

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Le festival a déménagé. Exit la Machine à Feu ! Avant de se mettre Mike Patton, les Chemical Brothers et les autres dans les oreilles, d’abord une petite reconnaissance…

Ils peuvent bien ironiser, ceux qui ont vu dans le nouveau site du festival une sorte de Pukkelpop hennuyer. C’est sûr qu’il y a bien l’un ou l’autre petite ressemblance, déjà parce qu’on se retrouve dans une plaine plutôt que dispersés entre quelques reliefs (le terril des origines, toussa toussa), mais au-delà, Dour n’a pas jeté son identité aux orties. Ajoutez-y aujourd’hui une circulation plus fluide entre les différentes scènes, et puis ces éoliennes qui contribuent à la déco des lieux, surtout quand elles sont éclairées le soir, et vous aurez déjà une petite idée du cadre 2018.

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Jeudi ? Un jeudi qui se passe principalement entre le Labo et la Caverne. C’est en tout cas au Labo qu’on retrouve un Mugwump devenu groupe de rock, depuis le départ de DC Salas, le remplacement du guitariste et de l’arrivée d’un batteur qui s’y entend pour cogner. Sur scène, le parlando de l’album (Drape, sorti en avril) devient un peu plus chant et ses influences eighties s’harmonisent d’une chouette énergie.

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La Caverne donc… Ce village gaulois où le rock et les guitares font de la résistance. Jeudi, on y voit Wyatt E., le trio liégeois masqué qui ouvre la journée sur le coup de 14h45 avec son doom orientalisant. Longues plages lentement construites, riffs psychédéliques, nappes de synthé ici et là : le voyage commence bien. C’est aussi à la Caverne, après Le Villejuif Underground et les Italiens d’Ufomammut, que jouent les sludgeurs de Eyehategod. Le groupe de la Nouvelle Orléans, qui affiche au compteur le même âge que le festival, mélange le sombre et le hardcore comme aucun autre. Saisissant ! Fin de journée, place au show : celui de Mike Patton, revenu à Dour pour une énième fois, ici avec ses camarades de Dead Cross : Mike Crain (Retox) à la guitare, Dave Lombardo (Fantomas, Suicidal Tendencies, Slayer…) à la batterie et Justin Pearson (The Locust, Retox…) à a basse. Bref un super groupe, tendance hardcore aussi, pour encadrer un Patton toujours en verve et en voix, surtout quand il s’agit d’improviser un petit mashup regroupant « Epic » de Faith No More et « Raining blood » de Slayer.

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Sur la Last Arena, la journée se termine avec les Chemical Brothers. Auparavant, Holly Cook, Angèle et Booba y seront passés, la première en tenue fleurie pour mettre son petit grain de sel reggae/dub dans l’ensoleillement de la journée, la seconde comme partout ailleurs cet été, et le dernier en assurant le service minimum, ce qui déçoit un peu quand on joue les têtes d’affiche. Quant aux frères chimiques, rien d’extrêmement neuf, depuis tout ce temps, même si les effets et les projections, derrière Ed Simons et Tom Rowland plantés au-dessus de leurs consoles, restent toujours aussi bluffantes. « Hey boy hey girl », ça « Galvanize », et leur espèce de clown grimaçant aussi ! Mais on peut leur préférer le travail, plus d’orfèvre, là, réalisé par Shigeto au Labo. L’Américain, Zachary Saginaw dans le civil, n’est pas le premier et ne sera pas le dernier à mixer électronique, samples et « vrais » instruments, mais ce qu’il propose avec sa batterie et son laptop sinue délicatement entre house, jazz et hip hop… avant de décoller vers le cosmos. Ce 30e Dour commence pas mal !

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Didier Stiers
(Photos : Mathieu Golinvaux)

 

Didier Stiers

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