#dour2018: Leçon de techno avec Soulwax

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Les frères Dewaele ont remporté haut la main la bataille de l’electro à Dour.

L’affiche electro étant ce qu’elle est à Dour, à savoir incroyable, on pensait succomber sous les beats de jour comme de nuit. Pourtant, ce n’est ni Stephan Bodzin (qui a fait le boulot), ni Daniel Avery (qui a fait plus que le boulot), et encore moins Talaboman (duo formé par l’Espagnol John Talabot et le Suédois Axel Boman, responsable d’un des meilleurs albums de 2017, mais beaucoup moins subtil dans la nuit de vendredi à Dour) qui nous ont mis le genou à terre, mais bien les vieux frangins Dewaele et leur concert/performance/conférence sans équivalent. Soulwax power !

En tête d’affiche sur la Last Arena vendredi soir, Soulwax était en effet présent pour donner une conférence sur le thème : “Qu’est-ce que la techno ?” Réponse avec trois batteurs (dont l’immense Igor Cavalera de Sepultura) et une (grosse) basse pour décortiquer la chose façon drum & bass. Certes, on craint le trop cérébral dans les premières mesures. Ces batteries monolithiques qui ne varient pas d’un pet, cette basse qui gonfle un peu le son pour s’essouffler aussitôt. Au centre du laboratoire (car il s’agit d’un vrai laboratoire installé sur scène, du moins l’imagine-t-on ainsi), les frangins Dewaele se font face, synthé à synthé, micro à micro.

La fratrie présente son dernier album From Deewee, album conceptuel, justement fomenté avec trois batteurs, en deux semaines et une prise, sans aucune retouche. Depuis un an, ils écument les scènes du monde et peaufinent leur set, qui varie selon leurs dires de concert en concert, y plaçant aussi des pistes de leur tout récent nouvel album/mix Essential. Et voici que la basse vrombit de nouveau et ces batteries qui ne cessent de marteler commencent à prendre au bide et à nous soulever du sol, façon Grottes de Han, ou grottes d’avant. C’est une démonstration autant qu’un véritable concert festif. Cérébral et organique. Fascinant et prenant. On finit par se perdre dans cette rythmique du paléolithique et par prier je ne sais quel dieu des forêts ou de l’industrie minière. Jusqu’à ce « NY Excuse » retravaillé, rehaussé, remonté qui termine un set de haute, de très haute volée.

Il y a du Kraftwerk chez les frères Dewaele. Comprendre qu’après être resté muet pendant douze ans, Soulwax s’impose l’air de rien comme le groupe le plus essentiel de l’électronique européenne de ces vingt dernières années. A la fois intelligente et dansante. Unique, surtout. Indispensable. Waar is de feesje ?

DIDIER ZACHARIE
Photo MATHIEU GOLINVAUX

Journaliste lesoir.be

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