#dour2018 : En attendant l’année prochaine…

Dour - Bilan - Intro

« Il y a un peu plus, on vous le met quand même ? » Le festival s’est achevé dans la nuit de dimanche, le pari de cette 30e édition s’avère réussi, mais il nous restait encore quelques petites choses à en dire…

1. Le nouveau site
On a entendu plus d’un festivalier, parmi les habitués de Dour en tout cas, admettre que le déménagement a eu du bon. « Site plus aéré », « scènes plus faciles à trouver », « cadre sympa », « on voit loin » : les avis sont plus unanimes que partagés. Et pour le rejoindre en bagnole, on ne se paume plus dans l’entité, dites donc ! Certes, la surveillance des autorités s’est accrue. Les recoins ont disparu. Et le Bar du Petit Bois nouvelle version a perdu son côté totalement chill, remplacé par le Rockamadour, un assemblage de containers un peu froid au milieu duquel, et ça par contre c’est plutôt (re)bien vu, s’enchaînent les dj sets « exclusifs ». Alors les frères Dewaele en étaient, Flavier Berger aussi, et on y a même fait du boudin !

DOUR, festival de dour DC Salas DJ Boudin Room. GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

DOUR, festival de dour DC Salas DJ Boudin Room. GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

 

2. La Caverne & Le Labo
D’accord, on y a passé du temps, peut-être même un peu plus que sous d’autres chapiteaux. Mais c’est la faute aux Tropic, à ces cinglés d’Ho99o9, à Wyatt E. jeudi en ouverture et Mike Patton avec ses potes de Dead Cross. Dimanche, jour de Thee Oh Sees, on est tombé sur les Flamands d’Equal Idiots – un duo guitare/batterie garage punk – qui réclame l’aide du public pour une chanson en français « très, très connue »… « Ça plane pour moi », en fait. C’est aussi à la Caverne qu’on a assisté à la prestation la plus sismique de cette édition, samedi avec Chelsea Wolfe (ses incroyables semelles compensées et ses talons). L’album Hiss spun confirmait son virage rock, mais là ce fut très métallique et destructeur. Un peu trop, et un peu trop sans nuances. Sinon, au Labo, dimanche, on a même entendu du jazz. Si, si, du jazz ! Avec les Belges de Black Flower et les Anglais de Vels Trio. Deux premières à Dour, parfait pour se détendre quand le soleil cogne dehors !

Dour - Bilan - Caverne

 

3. Le rap
A Dour, on n’a pas attendu qu’il devienne la nouvelle pop pour en programmer. Et quand il en est programmé, ce n’est pas rien que celui qui a conquis toutes les oreilles de la jeune génération. Du coup, on a eu droit à Dälek (vendredi, Caverne) : les Américains de Newark (dont le nom rappellera de bons souvenirs aux fans de la série anglaise Doctor Who), leurs beats lourds et ce flow tranchant, pas spectaculaire mais parfaits quand il est question de créer des atmosphères étouffantes. Les Bruxellois de Stikstof sont venus causer de… Bruxelles, mais en flamand : du coup, ce côté « engagé » qui fait leur originalité n’a peut-être pas été capté par tout le monde. Et Veence Hanao, toujours avec son copain Le Motel ? Vendredi, le Labo n’était peut-être pas trop l’endroit le plus approprié pour apprécier toutes les finesses de leur travail, mais ils l’ont fait quand même et au mieux ! Rejoints en toute fin de concert par la ménagerie du clip de « La Jungle ». Jouer à Dour, statistiquement, ça veut dire aussi de potentiels nouveaux convaincus. En tout cas, présent, le collègue du Morgen l’admet : « Un journaliste wallon nous a assuré que c’était le meilleur rappeur de sa génération, et nous n’avons aucune raison de douter de ses propos. »

Dour - Bilan - Rap 2

Dour - Bilan - Rap 1

 

4. Ces guitares
On ne va pas disserter sur le sujet pendant 107 ans, disons que la remarque vaut comme à Werchter : il en reste, des groupes, et des bons, qui font joujou avec les grattes. Côté rock comme indie pop. Dans des genres différents. « Le rock est retourné dans l’underground, nous disait Jacques de Pierpont (toujours en short). Mais tant mieux car c’est probablement là qu’il peut se renouveler. » Vendredi, avec Slowdive et Mogwai, hypnotiques, c’était encore autre chose : tout simplement un petit avant-goût du paradis.

Dour - Bilan - Guitares

 

5. Le rock anglais
Côté foot et Coupe du Monde, y’a encore du boulot, mais côté rock, c’est eux qui font la leçon. Shame, sûrement, en tout cas. A La Petite Maison Dans La Prairie, le groupe de Charlie Steen a tout simplement été énorme. A l’énergie, quelques fois dans le public (ou dessus), au plaisir, à l’engagement, … « Shame shaking up Dour festival », écrit Rachel Goswell de Slowdive sur son compte Instagram : c’est vraiment ça ! Et « I like you better when you’re not around » (« Tasteless ») de devenir un nouvel hymne.

Dour - Bilan - Shame

 

6. Le foot
Inévitable, de la petite finale de samedi disputée sur un écran monté à côté du bar à bières spéciales à la finale tout court projetée sur celui de la Last Arena devant quasi tout le contingent des festivaliers venus de l’autre côté de la frontière. Bon, allez, il y avait aussi quelques Belges pour supporter la Croatie. Horaires aménagés et moins de monde sous les chapiteaux pendant que ça court derrière la baballe : les organisateurs se sont fait de l’expérience pour dans deux ans. Ben oui,  l’Euro se jouera du 12 juin au 12 juillet 2020.

Dour - Bilan - Images 3

 

7. Le plein d’images
Des mecs déguisés en curés et un autre en pape, une licorne, deux gus habillés façon sapin de Noël avec les guirlandes comprises, des centaines de chemises hawaïenne, des bananes gonflables, les « Doureuuuh ! », le nuage de poussière montant au-dessus de la plaine, un groupe néerlandais qui propose à qui veut de se rincer les mains au-dessus d’éviers ambulants : Dour se vit, Dour se voit. Jusque sur la route du retour, dimanche soir, quand un campeur remonte dans la navette vers St Ghislain en gueulant « c’était nul cette année ». Et jusque dans le train, quand cet autre qui n’a pas bu que du light arpente le wagon comme un zombie, en cherchant quelqu’un qui voudrait bien lui prêter son téléphone pour appeler sa copine restée au camping. « Mais quoiiii… tu ne dois même plus payer le roaming ! » Dour a son public, il est dans l’ADN du festival. Et ça fait toujours des souvenirs pour l’édition suivante. A ajouter, la tendance de cette année : un paquet de photos avec la Last Arena et les éoliennes sur fond de coucher de soleil.

Dour - Bilan - Images

 

Didier Stiers
(Très belles photos : Mathieu Golinvaux)

PS : Sinon, il est passé où, le bar presse ?

 

Didier Stiers

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