Vendredi: les Francos de Cabrel

FRANCOFOLIES 2018 ©DOMINIQUE DUCHESNES

Il nous faut l’avouer: vendredi, Cabrel, on y allait avec des pieds de plomb. La dernière fois, au Cirque royal, on avait failli s’endormir… Ce qui, en festival, debout, ne risque pas de nous arriver mais bon, dans la foule, ou avec la presse tenue à distance dans le parc, histoire de laisser les VIP dans la zone la plus confortable, la perspective n’était pas des plus excitantes. L’autre solution, sinon, c’est le balcon avec vue imprenable offerte par la terrasse du Pavillon des Petits Jeux, un superbe bâtiment classé qui servit in illo tempore d’Office du Tourisme. Le public, envieux, s’y serait bien mis mais la sécurité veillait à ne pas gâcher la vue des ministres et autres invités hyper VIP d’un certain Marco Raepsaet (petit frère de qui vous savez) qui avait privatisé le lieu. De là, impossible de ne pas apprécier un Francis bien plus enjoué qu’en 2009. Il n’a pas d’album à vendre (sinon son coffret reprenant l’essentiel de ses 40 ans d’enregistrement) et du coup cette tournée, elle est plus “best of” que jamais. Tous les tubes y passent et il faut reconnaître que, de “Sarbacane” à “La corrida”, ça le fait. Surtout quand sur scène vous retrouvez les cadors Freddy Koella aux guitares, Denis Benarrosh à la batterie et notre Nicolas Fiszman à la basse. De vrais tueurs servis par une sono cinq étoiles, pour des arrangements alliant raffinement et délicatesse. De quoi faire mentir l’adage selon lequel Cabrel sur scène, c’est sans intérêt, il ne ne passe rien, il n’y a rien à voir, au revoir et merci. Vendredi, c’était réconciliation avec un grand bonhomme qui, ceci dit, a oublié l’hommage à Maurane qu’il nous avait promis.
Mais on a tout de même eu une petite pensée à Mau au moment où Greg Houben a ouvert son set en reprenant à la trompette “Bidonville” de Nougaro. Un pur moment de bonheur en apéro de son concert de chansons brésiliennes en français.
Et on termine par celui qui méritait plus d’attention (à 15 heures devant la scène Pierre Rapsat, il n’y avait pas grand monde!): le Français Foé. Un nouveau venu (découvert, comme Fersen, Delerm et Vianney, par le label Tôt Ou Tard), une plume exceptionnelle, une chanson entre piano et électro qu’il faut absolument aller voir au BSF le 18 août. Un Brussels Summer Festival qui servira de séance de rattrapage pour de nombreux artistes présents aux Francos. Comme Atome, Pale Grey, Chance, Charlotte (dans une très belle robe rouge vendredi au parc), Todiefor, Roméo Elvis, Sonnfjord, FùGù Mango, Clara Luciani, Ebbene, Lylac, etc. Comme quoi, tous les festivals se valent. Et en plus ça rime!

THIERRY COLJON
PHOTO DOMINIQUE DUCHESNES.
Francis Cabrel sera le 11 octobre au PBA de Charleroi et les 12 et 13 octobre au Forum de Liège. Avant son concert au Royal Albert Hall de Londres le 16/10 et le Casino de Lille les 19 et 20/10.


commenter par facebook

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>