« On est des espèces de sorcières vengeresses »

Frontstage - Juicy - Crédit Guillaume Kayacan

Juicy « fait » Esperanzah ! Après Couleur Café, la première toute grosse scène de Julie Rens et Sasha Vovk, qui sont ensuite passées par les Ardentes et Dour.

Joli strike, non, pour un duo qui a vu le jour voilà deux ans et demi à peine ? Et qui compte à son actif un seul ep, Cast a spell, paru fin mars ? Cela dit, les deux filles se connaissent depuis un bail, depuis ce Conservatoire de Bruxelles où elles se sont rencontrées. Et vous avez peut-être déjà entendu Julie avec Oyster Node, Squeaky Lobster ou Akro

 

L’accueil en France, ça se passe comment ? En  septembre, vous avez déjà quelques dates de prévues là-bas…

L’accueil est plutôt cool. On préfère que ça se passe comme ça plutôt que cet engouement/buzz éphémère où tu joues trois mois sur des scènes que tu n’as pas du tout approchées ou apprivoisées et où tu ne sais pas quoi faire. Ici, c’est petit à petit, c’est une construction lente. Et rapide, en même temps, parce qu’on n’a jamais eu d’autre groupe qui a eu autant de festivals la première année. Mais on ne se sent pas dépassées par les événements, c‘est… doux !

Et Juicy sur les routes, ça donne quoi ?

Tu veux savoir si on est des fêtardes, c’est ça ?

Disons…

On s’est bien calmées ! Comme il y a beaucoup de travail, on a envie de pouvoir chanter, quoi. Nos concerts sont intenses. Pour danser, être là, avoir la voix… On fait la fête quand on n’a pas de concert le lendemain !

Frontstage - Juicy - Crédit Alban Grosdidier

Quid du prochain ep ? D’un album ?

Les deux ! D’abord un ep, qui sortirait à la fin de l’année, et puis un album qui sortirait à la fin de l’année 2019. Ça, c’est ce qu’on imagine. On a envie d’avoir de la matière souvent. Maintenant, ce n’est pas le fait de sortir un gros album sur lequel tu bosses pendant un an et demi : il faut avoir de la matière tout le temps. C’est ce qu’on fait. Comme on écrit tout le temps, on essaie de sortir tous les mois quelque chose à écouter.

Quel est votre meilleur souvenir de festivalières ?

Un pur concert, de Hiatus Kaiyote. Tu connais ? C’est un groupe australien hyper bien, qui avait été programmé il y a deux ou trois ans à Couleur Café (ndlr : et qui mixe soul, r’n’b et jazz). Il n’y avait personne (ndlr : elles se marrent) ! Ils n’étaient pas encore très connus, ou si, mais d’un public assez pointu. On était vingt devant, et c’était incroyable !

Ça vous est déjà arrivé de jouer devant peu de monde ?

Oh mais ça nous est arrivé plein de fois ! La semaine passée (ndlr : nous sommes le 7 juillet, le jour de cette interview), on a joué pour un vernissage d’une expo de photos au Bozar, c’était absurde ! Il y avait vingt personnes en costard/cravate, avec des coupes de champagne, et nous : « Woaaah » (ndlr : intranscriptible). Mais c’était hyper bien, on avait plein de place devant nous et on a pu faire plein de choses, c’est devenu un peu une performance quoi. Une performance de tarées.

Un album, ce ne serait peut-être pas assez, il faut des images, aussi…

On aimerait top faire un petit ep en réalité virtuelle ! Mais on a fait clipper tous les morceaux du premier ep. Dans le dernier, pour « For hands on ass », on est des espèces de sorcières vengeresses… En tout cas, on a vachement lié le côté visuel à la musique, c’était important pour nous d’avoir pour chaque morceau un univers esthétique très différent. Là, on a tout le temps les idées de base, et puis les réalisateurs partent dans ces directions, à quelques exceptions près. Mais quand on écrit les textes, on s’imagine toujours un clip. Après, ce n’est pas toujours réalisable…

A propos de « For hands on ass », on est en plein dans l’actu, quand on évoque cette forme-là de harcèlement, dans les festivals…

Ben, c’est jamais agréable, hein ! Tu écoutes un concert, et tu as une main au cul…

 

Didier Stiers
(Suite de l’interview parue dans le Mad de ce mercredi – Photos : portrait par Guillaume Kayacan et live par Alban Grosdidier)

> Juicy à Esperanzah, samedi 4 août, 20h45, scène Alpha.

 

Didier Stiers

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