Au BSF, dans le jardin de Camille

BSF 2018

Soirée très française mercredi au BSF, au bout de laquelle la folle créativité de Camille a fait des merveilles.

Nouvelle égérie de la chanson pop, Clara Luciani se présentait au Mont des Arts avec un premier album, Sainte Victoire, qui remet au goût du jour l’adaptation. Il y a bien sûr le titre « La Baie », reprise au groupe anglais Metronomy, qu’elle lâche en milieu de set dans une version funky chic ramenant aux années 80. Il y a aussi, en fin de set, cette relecture de « Video Games » de Lana Del Rey, jouée seule à la guitare avec des paroles librement adaptées de la version originale. Et on se dit que Clara Luciani, en s’appropriant ces titres anglo-saxons, montre une vraie personnalité bien à elle et souffle un air frais sur la chanson française. Le public en est persuadé, lui qui a offert un accueil plus que chaleureux au premier album de la brune découverte au sein de La Femme. Rien de tel pour commencer une soirée résolument bleu-blanc-rouge.

Ensuite, tandis que, côté Place des Palais, les increvables Matmatah doivent se battre avec une sono défaillante, au Mont des Arts, Raphaël tente de raviver la flamme. Il faudra attendre la fin de soirée pour vraiment trouver son compte, et bien plus encore.

Des tambours, un clavier antique et des voix. C’est tout ce dont aura besoin Camille pour faire parler toute sa créativité. En douce enfant de la Terre Mère, elle revient à la source, au groove, et offre une prestation somptueuse, intimiste et d’une classe folle. Théâtrale, mais pas trop. Follement musicale. Elle chante et elle danse, Camille, avec ses choristes qui l’accompagnent, elle claque les fesses de ses musiciens, aussi, avec sourire. Elle invite le public sur scène, harmonise autour du « Mont des Arts » qui devient « Désarmons », repris comme un mantra naturel par tous. Le son n’est pas assez porteur ? C’est à sa demande, car la tournée des festivals menace son ouïe. Et, en fin de compte, cela nous pousse à rester entre nous, créant l’intime en plein air. La performance est aussi magistrale que (faussement) simple. Pas d’artifice, de jeu de lumière, de vidéos, de bazar à l’américaine, juste une artiste parmi les plus originales du monde musical qui dévoile son univers de la plus belle des manières, comme si la scène était son jardin. On pense à une Björk qui aurait gardé pignon sur terre, on pense aussi à une PJ Harvey à la française. Camille est surtout Camille, unique et inimitable, essentielle et envoûtante. Et on en redemande.

DIDIER ZACHARIE
Photos PIERRE-YVES THIENPONT

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Journaliste lesoir.be

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