Feu! Chatterton : oh ouiii !

NAMUR,  festival les solidarites Namur feu chatterton.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

C’est en mars qu’est sorti L’oiseleur, leur deuxième album. Depuis, les Parisiens l’emmènent (mais pas que ça) sur les scènes de France et de Navarre… Samedi, ils étaient aux Solidarités à Namur, le temps d’un moment comme hors du temps.

« On est bien ici, assure Arthur Teboul quand on lui demande si tout se passe bien. C’est rare ! Le déjeuner, là… » A quelques heures de monter sur la scène du Théâtre de Verdure, le chanteur de Feu! Chatterton passe par la case interview avec l’un de ses deux guitaristes. Accueil rare ? En tournée ? Il y a des endroits où on est moins bien reçu ? Sûr, mais pas question de balancer des noms, quand même ! « Il y a des moments où il y a eu des bas, hein… Le plus complexe, c’est pas quand c’est mauvais, c’est quand ça rend malade. Et que ça surprend avant le concert. C’est arrivé il y a pas longtemps ! »

Voilà pour les considérations gastro-culinaires. Le groupe termine la première partie de sa tournée. Ce samedi à Namur, dimanche à Charleville-Mézières pour le Cabaret Vert, et puis vacances. Courtes : trois semaines de pause, après quoi, fin septembre, c’est reparti pour 60 dates. « Ce qui nous motive, ce sont les concerts, raconte Sébastien Wolf. Franchement, le reste, c’est assez répétitif, et parfois assez fatigant. Mais les concerts, je pense que c’est vraiment le truc qui nous porte tous les cinq. C’est un moment de plaisir intense, et c’est le public qui fait à chaque fois que c’est différent. Encore plus en festival : là c’est en fonction des endroits, de l’âge des gens, de la programmation… Ce soir par exemple, on ne sait pas ce qui va se passer… »

NAMUR,  festival les solidarites Namur feu chatterton.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

Ce soir, ça va bien se passer. Fort bien même, dans ce Théâtre de Verdure qui ne pourrait faire de plus joli décor pour le rock littéraire, poétique des garçons. « Cinq étoiles dans la nuit sont mortes » : il y a toujours cette intensité dans « Côte Concorde », mais la proximité, l’intimité presque, que la disposition de lieu installe donne à ce p… de texte et à son interprétation un petit supplément d’âme. Et donc de frissons. Notez, plus tard dans la nuit, il en ira de même avec la fiesta disco-andalouse déclenchée par « La Malinche » : le public, qui s’est depuis longtemps mis debout entre les marches de pierre, ne se fait pas prier pour emboîter le pas (de danse) à ce chanteur qui parle beau. Forcément, « de Malinche, il n’y en aura qu’une », alors il faut saisir l’instant qui passe. Précieux comme l’amour maladroit de « La mort dans la pinède ».

NAMUR,  festival les solidarites Namur feu chatterton.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

A l’interview, Arthur rappelle à quel point Feu! Chatterton est un groupe de live : un seul concert, et sa présence, « décalée » par les temps qui courent, moitié bateleur moitié dandy, suffit pour s’en convaincre. « En salle, chaque soir, même si c’est à chaque fois différent, c’est ton public, il y a quelque chose de plus sûr, avant d’arriver sur scène. Ici, il y a une fébrilité plus grande, les gens ne viennent pas forcément pour toi… Après, on est un groupe de live. On ne l’a pas choisi, parce qu’on a fait notre musique comme ça au départ. On n’avait pas d’argent pour enregistrer, donc on passait le temps à répéter et on faisait nos concerts à Paris. On a découvert avec le temps la vraie valeur de ce métier de saltimbanque. Il y eu vingt années où on ne l’a pas connue, où c’était un métier du disque : tu vendais des disques, tu n’étais pas obligé de tourner. Là, on revient à quelque chose de plus fondamental : tu refais la vie de musicien qui est de présenter son travail aux gens dans l’instant. Tu vis un moment avec des gens, et ça c’est pas pareil. »

Feu! Chatterton n’en est jamais qu’à sa deuxième tournée. « La première, c’était très chaotique », s’amuse Arthur. Dans le grand bain des Solidarités de cette année, ils sont déjà comme un souvenir pour récompense.

Didier Stiers
(Photos : Mathieu Golinvaux)

En concert le 19 janvier 2019 à l’Ancienne Belgique et le 9 mars à l’Eden (Charleroi). Suite de l’interview à paraître sur Le Soir +.

 

Didier Stiers

commenter par facebook

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>