Variété oui, mais chic !

NAMUR,  festival les solidarites Namur Raphael Haroche.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

Pas simple de réussir un concert quand on est enrhumée et… enceinte. Ce dimanche aux Solidarités, Juliette Armanet n’en a pas moins réussi à se mettre le public dans la poche. Y compris en dansant sous la boule à facettes !

Sorti en avril 2017, Petite amie, son premier album, est depuis devenu Disque de Platine. Après une Victoire de la Musique (catégorie « révélation ») : que du bonheur pour la Lilloise qui, sortie de la scène de l’esplanade, soigne sa gorge brûlée (sic) au thé et au miel. « Je ne suis pas une jeune première, je n’ai pas 18 ans, j’en ai 34, et ce n’était pas un geste léger pour moi de faire un album. C’était profond, très compliqué, très torturé. J’ai mis du temps à le faire et à assumer l’envie d’être sur scène. » Où elle sera encore deux fois (les 8 et 9 septembre, à Bourgoin et Paris), avant de se consacrer à sa maternité.

NAMUR,  festival les solidarites Namur Raphael Haroche.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

Quand on est journaliste, pourquoi lâche-t-on son métier pour devenir musicienne et chanteuse ?

J’ai toujours joué, j’ai une famille de musiciens, je compose depuis que j’ai 13 ans… Je pense juste que j’ai été extrêmement pudique et extrêmement complexée pendant très longtemps. Et que j’ai rencontré des personnes qui m’ont finalement aidée à accoucher de moi-même. Sans ces personnes-là, je ne sais pas si je l’aurais fait. Mais j’adorais mon métier de journaliste. J’ai adoré faire des documentaires (ndlr : Éloge de la jupe, diffusé sur Arte). Je pense d’ailleurs que c’est très bien d’avoir eu ce parcours-là. Mine de rien, ce que je fais aujourd’hui, c’est très autocentré, quand même. Et on peut devenir un peu con si on n’est pas bien entouré, si on n’est pas un peu vigilant. Je pense que j’aurais pu plus jeune un peu céder aux sirènes de l’egotrip. Le documentaire, le journalisme, c’est quand même tourner son regard vers l’autre, la curiosité, regarder le monde, briser des préjugés… Ça m’a fait beaucoup de bien de faire ça entre ma vingtaine et ma trentaine. Ça m’a permis de faire comme une éducation humaniste, un peu sentimentale aussi, je ne regrette pas du tout. Et ça me manque aussi, j’en referai sans doute.

Au travers de chansons ? Ça pourrait être compatible ?

Comment concilie les deux ? Ce n’est pas si évident que ça !

NAMUR,  festival les solidarites Namur Raphael Haroche.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

Vous avez eu droit à de nombreuses comparaisons, on vous a collé plein d’étiquettes flatteuses… Est-ce que « variété chic » vous convient ?

Variété chic, j’aime bien ! La variété, c’est pas du tout honteux. Bon, il y a variété et il y a soupe, il y a la grosse variétoche dégueulasse qui inonde les radios et qui nous torture au quotidien, et il y a la variété comme on a pu la faire dans les années 70, 80. On peut dire que Gainsbourg est un musicien de variété comme on peut dire que c’est un génie. Il a réussi à créer de la pop, de la musique populaire au sens noble du terme, c’est-à-dire une science extraordinaire de la musique, bouleversante, et des bijoux qui touchent plein de gens. La variété, ça peut être ça quoi.

Didier Stiers
(Photos Mathieu Golinvaux)

Suite de l’interview à paraître sur Le Soir +.

 

Didier Stiers

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