La reine Christine en son royaume

photo Mathieu Golinvaux

Christine & the Queens n’a pas rempli Forest National vendredi mais le spectacle tout en chorégraphies dynamiques et en émotions a tout pour séduire.

En créant le personnage androgyne de Chris sur un mode funky dynamitant son second album, Héloïse Letissier a visiblement couru un risque en déstabilisant certains de ses admirateurs. Pas plus qu’à la première de la nouvelle tournée, jeudi à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette, Christine & the Queens n’a pas fait le plein, vendredi à Forest National. Et les ventes de son album Chris sont loin d’atteindre, pour le moment, les sommets de son prédécesseur. Mais ce n’est pas grave: c’est à la sueur de son front et en prenant son temps – comme ce fut le cas pour Chaleur humaine – que la chanteuse française compte bien convaincre son public.
En s’entourant du collectif La Horde en guise de nouvelles Queens, Christine a en tout cas tout pour convaincre. Avec un show tendre, énergique et original. Le décor, étonnamment, est très sobre. Juste une vue d’une vallée verdoyante en toile de fond. Qui fera place ensuite à un océan déchaîné avant de disparaître totalement. Christine ne tient pas en place, si ce n’est au moment de reprendre “Chaleur humaine”, pause bien venue dans un tableau qui se transforme en Radeau de la Méduse pendant “L’étranger”. La sono cite “Radio Gaga” de Queen avant que Christine ne reprenne de fort belle façon “Les paradis perdus” de Christophe. Les six danseurs se font plus rares. Pendant “Here” (son duo avec Booba sur bandes, tout comme tous les choeurs durant le concert, dommage ceci dit…), Christine se retrouve seule et, de dos, tombe le chemisier rouge, pour se contorsionner et faire mine de s’envoler. La neige tombe, ensuite, après “Goya Soda” et un très beau pas de deux avec un acolyte danseur qui partira en fumée.
Tout est déjà bien réglé, bien en place mais Héloïse n’oublie jamais de garder le contact avec le public, de lui parler, de lui raconter que ses obsessions sont toujours les mêmes, depuis ses débuts, que son but est de faire tomber les murs, d’agrandir les espaces de liberté et de créativité dont la scène est son théâtre.
Pour le rappel, Christine apparaît dans le public, sur un podium près de la table de mixage, avec “Saint Claude” pour laquelle, en soutien, elle tombe à nouveau la chemise avant de traverser la foule sur “Intranquillité” et clore un spectacle réussi, fort et sensible à la fois. Sur ses sonorités funky très 80′s (même “Nasty Boys” de Janet Jackson est évoqué), Christine & the Queens nous invite dans son monde coloré et dynamique, luttant contre tous les préjugés et les discriminations.
THIERRY COLJON
PHOTOS MATHIEU GOLINVAUX

SETLISTE
Comme si on s’aimait
Damn, dis-moi
Le G
Chaleur Humaine
Science Fiction
Les paradis perdus
iT
Feel So Good
Christine
5 dols
Machin-chose
Here
L’étranger (voleur d’eau)
Goya! Soda!
Follarse
Nuit 17 à 52
Doesn’t matter (voleur de soleil)
La marcheuse
Saint Claude
Intranquillité


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