Ce murmure des profondeurs…

Frontstage - Whispering Sons - 1

Whispering Sons, le groupe de Fenne Kuppens, jouait ce samedi soir au Belvédère à Namur. Ou quand des gamins vous mettent une petite claque bien salutaire.

Commençons par le commencement : un bref résumé des présentations. Ils sont cinq, ces Whispering Sons : Kobe Lijnen à la guitare, Tuur Vandeborne à la basse, Sander Hermans aux claviers, Sander Pelsmaekers à la batterie et Fenne Kuppens donc, au chant. En 2016, ces jeunes gens remportent le sacro-saint Humo Rock Rally et s’offrent quelques jolis rendez-vous dans la foulée. Un Pukkelpop la même année, un autre en 2018, un ep, des concerts avec The Soft Moon, Gang Of Four… Et puis là, un premier album, Image, qu’on a déjà eu l’occasion de vous présenter. Les Limbourgeois sont désormais installés à Bruxelles, mais au fil des concerts, leur réputation percole bien en dehors, en Allemagne notamment. « Des musiques sombres, Herr Müller, des musiques sombres ! »

Frontstage - Whispering Sons - 2

Bon, on arrête de faire de l’humour à deux balles, parce qu’en live, ces Fils Qui Chuchotent, c’est juste dingue. Le groupe et sa chanteuse occupent la scène comme si c’était leur biotope naturel. Whispering Sons dégage là un truc dur, implacable, dans ce mélange d’influences évidemment eighties et post-punk, mais avalées, métabolisées, digérées et recrachées parfois rageusement. Certaines compos restent dansantes, d’autres installent une atmosphère anxiogène assez saisissante.

Frontstage - Whispering Sons - 3

L’effet renvoie un peu à ce qu’on avait pu ressentir à l’époque où on a découvert Savages, toute comparaison personnelle mise à part. Parce que oui, il y a Fenne Kuppens… Pantalon et t-shirt blancs, ceinture et Doc Martens noires, une présence scénique de dingue, intense, une gestuelle syncopée (on n’a pas dit « épileptique »)… Elle appuie la rythmique à grands coups de poing et de coude quand elle s’extrait des passages plus introspectifs. Et puis, il y a cette voix vraiment étonnante : une voix grave, quasiment de baryton, parfaite pour ces textes qui disent le mal-être et l’aliénation. « Mais finalement, la voix est un instrument comme les autres », soulignait-elle dans une interview publiée par Dansende Beren. Certes, sauf qu’elle est aussi du genre à regarder le public dans le blanc des yeux et que pour seul relâchement, elle adresse un demi rire à son guitariste. Saisissant, qu’on vous dit !

Frontstage - Whispering Sons - 4

Alors oui, la setlist ne semble pas beaucoup varier d’un concert à l’autre, mais ce n’est pas non plus comme s’ils avaient déjà douze albums à leur actif. Par contre, ils faut les voir habiter leurs morceaux ! « Je pense que nous sommes plus un groupe de scène qu’un groupe de studio, estimait Fenne dans la même interview. Et de toute façon, c’est en live que nous pouvons convaincre plus de monde. » Au Belvédère ce samedi soir, ça n’a pas fait un pli, entre l’entêtant et catchy « Alone » glissé en début de set, ce « White noise » assez dantesque, un mi-tempo tout en crescendo comme « Hollow » et ce « No image » juste sublime entamé au piano.

Didier Stiers

Prochains concerts en Belgique : le 1er décembre à Genk (Sinner’s Day), le 6 décembre à Anvers (Het Bos), le 8 décembre à Turnhout (Kuub) et le 14 décembre à Gand (De Centrale)… Infos : www.whisperingsons.com

 

Didier Stiers

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