Dans le van d’It It Anita (3)

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Il y a deux semaines, le groupe liégeois a entamé une tournée qui l’emmène pour le moment sur les routes espagnoles. Carnet de bord…

A chaque fois qu’il en aura l’occasion, Damien déposera guitare et micro pour tapoter sur son clavier, histoire de nous fera suivre un petit débrief de ce périple. Chapitre 3, à l’heure où quelques dates anglaises pointent à l’horizon : « Balty, tapas y mas ».

 

Dimanche 18 nov. 2018 – Madchester, Almeria (Espagne)
On a bien petit déjeuné avant de ne pas beaucoup dormir. Huit heures et des réveils, des douches et des kilomètres vers Almeria. Avec une journée pleine d’aventures trépidantes à peu près similaires à celles des jours précédents, à savoir du café en pompe et du bitume à l’infini. On arrive au Madchester (c’est un jeu de mots avec Manchester, la ville anglaise qui a vu naître et mourir Joy Division et Oasis), un cool club avec des cool personnes, qui parlent anglais comme dans l’expression. Tout est en place, on chille dans le backstage qui est un demi-étage comme dans « Being John Malkovich » et un gars qui vit à Bristol s’y invite, insiste pour qu’on fasse une after chez lui après le show, parce qu’il est revenu au bled pour des vacances. Le show est chaud, les gens aussi. On termine nos pizzas froides en craquant des dernières bières avec les quelques personnes du bar en parlant anglaispagnol, la nouvelle langue, et notamment le gars qui vit à Bristol et insistait pour qu’on fasse une after chez lui après le show parce qu’il est revenu au bled pour voir ses parents. On lui explique que nous on est pas vraiment en vacances chez ses parents et que demain on a encore de la route et des concerts. Il a appris qu’on jouait à Bristol la semaine prochaine, alors il insiste pour qu’on fasse une after chez lui après le show parce qu’il sera rentré à Bristol. On rentre à l’hôtel (sans le gars qui vit à Bristol). Dernier Gin Tonic. Bert s’endort devant la télé avec des commentateurs espagnols qui engueulent un match de foot.

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Lundi 19 nov. 2018 – Plug In The Gear, Benicarlo (Espagne)
Pour en revenir à Manchester, c’est aussi la ville des Happy Mondays. Et ça va être le cas aujourd’hui. Un joyeux lundi. Une super bonne nuit de huit heures de sommeil dans un super hôtel. Un super petit déj’ au Café Cyrano et un super ciel qui nous offre un départ ensoleillé. Fin d’aprèm, arrivée au Plug In The Gear. C’est exactement comme nous l’avait décrit Clément (le tour-manager des Lysistrata, voir mardi 13 novembre à Angoulême). Un lieu complètement DIY, une team complètement dédiée à la culture underground, eux-mêmes membres du groupe KLS qui sillonne régulièrement nos Belges contrées (suivez l’agenda du Barlok à Bruxelles vers mars, avril pour les apercevoir). Un des meilleurs repas du tour (c’est souvent les lieux les plus alternatifs qui proposent la meilleure bouffe, c’est comme ça), une sorte de ratatouille de légumes, des beignets d’aubergine et un tour de magie comme dessert : une courge, au four, devient une tarte à la courge, sans rien faire. Ah oui, sinon, les concerts ? De dingue ! On y croise José, qui a vécu quelques années à Liège (parce que l’amour) et qui est revenu s’installer en Espagne après quelques années (parce que plus l’amour) et on se rend compte avec José qu’on était au même concert de Papas Fritas à Liège (avec en première partie nos copains Flexa Lyndo, maintenant divisés en Endz le groupe et Superbe Interactive une des agences qui est derrière le KIKK festival à Namur). Balty nous remercie encore fort pour ce concert et nous emmène à notre logement, un chalet de fou, avec un jardin de fou, probablement plein d’oliviers dans le fond mais il faisait tout noir, et puis un chien qui erre, fier, solitaire et qui n’en a absolument rien à foutre de notre gueule. Il est 3h du mat, James et Michiels de Shht vont visiter deux chevaux qui vivent dans le fond du jardin, ils se font des bisous (les chevaux) et Elliot en profite pour nous montrer une vidéo interdite. On se lave les yeux avec la dernière bière en écoutant un live de Aphex Twin qui était passé sur MCM en 1993.

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Mardi 20 nov. 2018 – DAY OFF, Grenada (Espagne)
Premier réveil sans pression. Pas de concert ce soir. Balty vient nous saluer une dernière fois et on le suit jusqu’à l’autoroute gratuite, qui longe l’autoroute payante, qui nous emmènera à Grenada. On s’arrête après quelques heures pour manger des tapas au restoroute « Paris ». On arrive à notre appartement, gracieusement offert par Miel De Moscas (notre booking espagnol), un logement pour 11, prévu pour Shht et nous. Ils ont finalement trouvé un autre plan, ne sachant pas que Angel prendrait ça en charge. C’est pas très grave, on a plein de place, on en profite pour improviser une énorme fête en appelant plein de gens dans la rue, par la fenêtre. Grenada est une ville pleine d’étudiants et par conséquent l’appart se remplit assez vite de monde et de bruit, les voisins appellent la police, ils viennent mettre fin à tout ce bordel à coups de matraque et gaz lacrymogène. C’est évidement totalement faux. On a juste gentiment quitté l’appart vers 20:30 pour aller (encore) manger des tapas dans un bar avec du foot (FRA-URU) à la télé. On cherche un nightshop pour acheter du Tonic et finir le Gin qui reste à l’appart. Sur le chemin, une rabatteuse nous ouvre la porte du « London », on y boit une dernière bière, quatre meufs se font un kif de fou en jouant au babyfoot dans le fond, Elliot et moi on est plus sages, on fait 2–3 parties de Puissance 4 et le serveur se marre en voyant les coups débiles qu’on laisse passer. On décide de rentrer finir ce Gin (on a trouvé le Tonic) probablement fatigués d’avoir fait « Paris » – « Grenade » – « London » en moins de dix heures.

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Mercredi 21 nov. 2018 – Theatro Club, Malaga (Espagne)
Grenada n’est pas très loin de Malaga. On a le temps, on en profite pour retourner chez Discos Bora Bora, un disquaire qu’on avait déjà visité lors de notre première visite à Grenade en 2017. On va manger un petit déj’ tardif dans un truc pas trop mauvais mais avec des serveurs carrément antipathiques alors on en parle pas. On a le temps de retourner visiter l’Alhambra. On l’avait vue au printemps et elle est toujours aussi belle en automne, malgré le temps dégueulasse. Je crois qu’il pleut seulement 2 jours par an en Andalousie. C’est aujourd’hui et demain. Milieu d’aprèm, on se met en route pour le Theatro Club et quelle ne fut pas notre surprise quand on s’aperçoit que le club n’est pas accessible en van, qu’on doit décharger et porter tout le backline sur 300 mètres dans des petites rues piétonnes. On nous apprend aussi que ce club, c’est plutôt una discoteca de raggaeton, qu’un type a été tué devant la porte à coups de pied par un sorteur et pendant le soundcheck, le proprio de cette discoteca de raggaeton nous dit que ça va beaucoup trop fort. Eddie, le promoteur (qui nous a déjà fait jouer deux fois dans d’autres lieux à Malaga précédemment – notamment la folle soirée déguisée de cet été avec Fucked Up) nous rassure en nous disant: « Allez manger, ça va aller ». On va donc manger (encore) des tapas, notre dernier repas sur cette terre, avant de se faire tuer à coups de pied devant una discoteca de raggaeton dans laquelle on jouait trop fort. Finalement, tout se passe bien, le club est presque sold out et tous les gens sont super contents. On ramène les deux tonnes et demi de matériel dans le van 300 mètres plus loin, à bout de bras, et on a encore quatre missions : 1. On doit aller faire un check in à l’auberge et déposer nos valises (à 10 minutes en van) ; 2. Revenir vers le centre pour mettre le van dans un parking sécurisé (les mêmes 10 minutes dans l’autre sens) ; 3. Manger un bout ; 4. Rentrer à l’auberge (35 minutes à pied, puisque le van est garé dans le centre pour la nuit).

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Mission 1 : Mr T. (pour préserver son anonymat) nous accueille et nous raconte qu’il est parisien, qu’il a été un des fusibles de l’Affaire Bygmalion, qu’il en a eu marre de se faire racketter 250.000€ par an par l’Etat et qu’il a dit stop basta j’achète une auberge à Malaga rien à foutre hop ! Un truc du genre. Il nous a longuement parlé de socio-politique, de l’Europe (qui saute dans deux ans, vous l’aurez lu ici en premier) et du petit déj’ de demain matin. Il est minuit et demi et on a faim. On s’échappe. Mission 2 : sans encombre. Mission 3 : on ne trouve plus qu’un kebab ouvert, pas fou, un peu de mouche dans les oignons, mais pas trop. Ça va. Elliot y échappe de justesse. Mission 4 : Upgrade. On rentre en taxi.

 

Didier Stiers

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