Serge forever !

Frontstage - Harvey 1

Mick Harvey était ce lundi de passage en Belgique, pour chanter Gainsbourg dans ses versions très personnelles. Soirée classe au Reflektor…

C’est à un véritable sacerdoce que le camarade de Nick Cave et ex-Bad Seeds s’est destiné voilà 20 ans quand il a commencé à traduire les textes de Serge Gainsbourg. Les traduire, mais aussi les chanter et réarranger sa musique. Cette œuvre hors du commun s’écoute aujourd’hui sur quatre albums : Intoxicated man (sorti en 95), Pink elephants (97), Delirium tremens (2013) et Intoxicated women (2017). « J’ai découvert Gainsbourg comme un outsider, explique-t-il à propos de ce travail. En écoutant ses chansons dans une langue que je ne comprenais pas pour la plus grande partie. Mais j’étais néanmoins captivé. Quand j’ai imaginé en traduire quelques-unes en anglais, c’était donc par curiosité. » Faut-il préciser que c’est le Gainsbourg auteur, compositeur, musicien qui l’intéresse toujours aujourd’hui, et pas du tout le pipole ?

Et puis, il y a la scène. Mick Harvey tourne, avec une bande de musiciens plus que fréquentables. Son « fabulous Euro band », comme il l’appelle ! Soit Toby Dammit à la batterie (lui a joué avec les Stooges, Swans, les Residents…), James Johnston aux claviers (Gallon Drunk, Bad Seeds, PJ Harvey), Yoyo Röhm à la basse, Xanthe Waite à la guitare et au chant. Plus un quatuor à cordes… « local », pour quatre titres ce soir à Liège : « The barrel of my 45 », « A day like any other », « New York USA » et « Initials B.B ». On vous laisse le soin de retrouver les titres originaux…

Frontstage - Harvey 2

Le Reflektor s’inscrit dans cette tournée après trois scènes en France. Une première dans l’Hexagone, semble-t-il, que ce Gainsbourg chanté en anglais. Et Bertrand Burgalat, arrangeur de cordes sur les albums susmentionnés, de décréter : « C’était toujours aussi épatant d’humilité. » On plussoie ! Foin d’imitation ou de fidélité orthodoxe, dans ce concert qui débute avec deux classiques de chez classique, « Requiem » et « The ticket puncher » (on vous laisse le soin de, etc). Harvey rend justice au génie de Gainsbourg tout en s’appropriant les morceaux, déjà rien que par cette voix presque de crooner. Morceaux qu’il présente non sans une touche d’humour, laquelle fait mouche quand il interprète « Comic strip » en duo avec son batteur chargé des bruitages (électroniques), et même passer le temps quand il s’agit de fixer au tape un tandem de bongos récalcitrants.

Frontstage - Harvey 3

Frontstage - Harvey 4

A ses côtés, l’Australienne Xanthe Waite n’imite pas plus, que ce soit Brigitte Bardot le temps de « Harley Davidson » ou France Gall pour « Puppet of wax ». Pas de « God smokes havanas » ce soir, comme la setlist le prévoyait pourtant, mais avec « I envisage », écrit à l’époque de Play Blessure pour Alain Bashung, qu’il reprend sur un ton crépusculaire, notre re-créateur clôt la soirée de manière particulièrement sublime !

Didier Stiers
(Photos : Dominique Houcmant)

Setlist : Requiem – The ticket puncher – The barrel of my 45 – The song of slurs – 69 erotic year – Ford Mustang – The sun directly overhead – A day like any other – Harley Davidson – Deadly tedium – Coffee colour – New York USA – Run from happiness – Don’t say a thing – Overseas telegram – Bonnie & Clyde – A violent poison – Puppet of wax – Sex shop – Initials B.B. Rappels : Comic strip – Contact – I envisage.

 

 

Didier Stiers

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