Editors: New New Wave

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Le groupe du talentueux Tom Smith a donné un concert généreux et maîtrisé au Cirque Royal jeudi. La suite, ce soir.

Après avoir rempli le Sportpaleis d’Anvers en mars, puis joué en tête d’affiche de TW Classic en juin (après dEUS, Kraftwerk et The National, rien que ça !), Editors termine l’année par deux dates forcément archi-complètes au Cirque Royal, histoire de placer une dernière fois les projecteurs sur son excellent sixième album, Violence.

En près de deux heures de show, qui se termineront à neuf sur scène, notamment avec le plus jeune fan du groupe, un ket qui n’eut de cesse de jouer de l’air drumming sur les épaules de son père durant tout le concert, Editors aura ravi son public, offrant un concert généreux et maîtrisé de bout en bout. Un concert qui nous fait penser que ces gens, menés par le charismatique et talentueux Tom Smith, pourraient être les nouveaux Depeche Mode s’ils le voulaient… Mais la perspective de tourner six mois par an aux Etats-Unis ne fait pas partie de leurs plans de vie, comme ils nous l’avouaient en mars dernier, et c’est tout aussi bien ainsi.

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Commençant tôt (avant 20h30) et en douceur avec « The Boxer », la troupe de Birmingham enchaîne rapidement avec une série impressionnante de titres fédérateurs, de « Sugar » et sa grosse basse impériale aux récents « Hallelujah (So Low) » et « Violence ». Si le dernier album a un son plus dur, celui offert en concert est finalement assez lisse. Clair, impeccable, mais qui manque peut-être de percussion sur les nouveaux titres. Il est ainsi intéressant de faire la comparaison avec Interpol, venu à Bruxelles la semaine dernière. Alors que les deux groupes ont commencé plus ou moins au même endroit, l’axe Joy Division-U2 des tous débuts, les New Yorkais ont resserré le propos tandis qu’Editors a amplifié le son, le faisant sonner par moment comme Simple Minds. En tout cas, Tom Smith et ses sbires ont le refrain aisé. Pas étonnant que ces gens fédèrent des foules immenses.

Le chanteur du groupe, qui est aussi son principal songwriter, est le point de mire de la soirée. Ils ont beau être cinq sur scène, on ne voit que lui. Toujours en mouvement, la voix claire et porteuse, il est comme habité, imprégné de ses chansons, charismatique, quelque peu maniéré à la manière de Dave Gahan qu’il rappelle également par sa présence et son chant. Editors, la nouvelle nouvelle vague ? Nombre de titres sont en tout cas référencés. Les plus anciens rappellent le premier U2, d’autres Simple Minds et les nouveaux le Depeche Mode de Violator. Les années 80 dans le viseur dans ce qu’elles avaient de meilleur.

On en est là dans nos réflexions quand Editors profite de la dernière ligne droite pour nous en mettre littéralement plein les oreilles. Sans temps mort, il enchaîne les tubes comme s’il en avait plein les poches : « Ocean of Night », « Blood », « Papillon », « Magazine » et « Smokers Outside the Hospital Doors ». Une liste impressionnante qui continuera lors du rappel, notamment avec « Cold » et « Munich ». Mais le plus beau moment du concert est peut-être ce premier titre du rappel, quand Tom Smith interprète seul à la guitare acoustique « No Sound But The Wind » avec cette voix chaude et impériale qui s’empare d’un Cirque Royal subjugué. Un seul mot vient qualifier cette prestation : talent !

DIDIER ZACHARIE

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SETLIST : The Boxer/ Sugar/ Hallelujah (So Low)/ All Sparks/ An End Has A Start/ Bullets/ Darkness At The Door/ Salvation/ Violence/ No Harm/ Eat Raw Meat = Blood Drool/ A Ton Of Love/ Formaldehyde/ Nothingness/ Ocean Of Night/ Blood/ Papillon/ Magazine/ Smokers Outside the Hospital Doors RAPPEL No Sound But The Wind/ Cold/ The Racing Rats/ Munich/ Nothing

Journaliste lesoir.be

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