R.I.P. Pete Shelley

Frontstage - Buzzcocks - New

Le chanteur des Buzzcocks est décédé ce jeudi. Le punk made in England perd l’une de ses voix historiques.

« It’s with great sadness that we confirm the death of Pete Shelley, one of the UK’s most influential and prolific songwriters and co-founder of the seminal original punk band Buzzcocks. Pete’s music has inspired generations of musicians over a career that spanned five decades and with his band and as a solo artist, he was held in the highest regard by the music industry and by his fans around the world. » L’information a donc été confirmée ce jeudi en fin de soirée par le groupe lui-même : Pete Shelley est décédé et avec lui, c’est non seulement une voix du punk qui disparaît mais aussi celle d’un groupe de légende.

Frontstage - Buzzcocks - Old

En 78, les Buzzcocks sortent pas moins de deux albums, Another music in different kitchen et Love bites, imposent leur style et entrent dans l’Histoire. Le troisième, A different kind of tension, arrive à peine un an plus tard. L’urgence et l’énergie du punk sont toujours là, mais chez ces Anglais de Bolton, dans le Comté de Manchester, elles servent d’autres thèmes, d’autres refrains. Disons plus « pop », un peu à la manière des Undertones, leurs contemporains du côté de Derry en Irlande du Nord. L’amour par exemple, du moins, traité sous l’angle des affres et du mal-être de l’adolescence. Pour Tim Burgess des Charlatans, les Buzzcocks en ont tout bonnement écrit la bande-son ! Et forcément, les Undertones aussi rendent hommage à Pete Shelley : « We’ve lost one of the greatest songwriters of the punk era today, his songs were as sweet as he was. » Ses chansons ? Co-écrites ou non, elles ont pour titre « Ever fallen in love (With someone you shouldn’t've) », « What do I get » ou encore, « Orgasm addict ».

De son vrai nom Peter Campbell McNeish, le chanteur voit le jour le 17 avril 1955 à Leigh, pas loin de Manchester. A quinze ans, il se met à la guitare, inspiré par les Beatles (le premier disque qu’il achète est « Hey Jude »). Mais c’est après avoir vu un concert des Sex Pistols en 75 qu’il forme les Buzzcocks avec son camarade Howard Devoto. Les deux comparses arriveront même à booker chez eux Johnny Rotten & co ! De « God save the Queen », Shelley dira encore quarante ans plus tard qu’il s’agit-là d’« une chanson fantastique, qui n’a rien perdu de sa férocité. »

Devoto quitte le groupe deux ans plus tard (et fondera Magazine), laissant Shelley seul au micro et à la plume. Si la formation se met en pause au début des années 80, elle reprend cependant la route à l’aube des nineties. En 1990, elle est même d’ailleurs à l’affiche d’un Pukkelpop de légende, rappelle Eppo Janssen le programmateur du festival. De fait, on y trouve cette année-là rien moins que le Rollins Band, Faith No More, les Cramps et Nick Cave avec ses Bad Seeds. Le dernier album en date, The way, sort en 2014…

Pete Shelley menait également une « carrière » en solo, parallèlement. « Homosapien », single sorti en 81 (de même que l’album dont il est extrait) lui vaut d’être censuré par la BBC. Motif : référence à l’homosexualité ! L’artiste évoque alors plus clairement sa bisexualité, tandis qu’« Homosapien » cartonne sur les dancefloors.

Pete Shelley, qui s’était établi en Estonie, aurait succombé à une crise cardiaque. Depuis quelques heures, les hommages affluent. « Saddened to hear of the passing of a true punk original », lit-on ainsi sur la page Facebook des Stranglers. Les Happy Mondays y vont d’un sobre « Pete Shelley R.I.P. » Bel hommage aussi de la part des Damned par la voix de Captain Sensible : « I’m truly shocked to hear about the passing of our very good mate Pete Shelley… an absolutely lovely bloke who it was always a total pleasure to gig with – which we did… a lot ! And as I’m firmly of the « celebrate the life » persuasion in moments like these I may take this opportunity to listen to some of those fabulous Buzzcocks hits to remind myself what an incredible tunesmith Pete was. Those melodies have to be about the catchiest in all of punk dontcha think ? The Buzzers and Damned toured Japan together… getting on for 20 years ago now it must be… where, apart from doing the shows we all discovered the joys of karaoke. Thankfully there’s no video of me and Pete performing « Dancing Queen » together – the pic will have to suffice (thank gawd !). And punk festivals certainly won’t be the same any more without Pete… I can’t think of any other bands that quaff champers in their dressing room. With Pete it was « no Moët… no show-ey » – « no Chandon… no band on ». Fabulous, eh ! We’ll miss you Pete – love from the Damned, X. »

Bel hommage aussi de Peter Hook : « He helped us so much at the start of our career out of a sheer love for all things punk. Without Pete & the Buzzcocks I would probably still be working at the Docks. » Son premier concert, Joy Division qui s’appelait encore Warsaw l’a en effet joué en ouverture des Buzzcocks…

Didier Stiers

 

 

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