Prodigy, ce n’est pas pour les touristes

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Prodigy a retourné Forest National sans trop de difficultés vendredi, mais le meilleur de la soirée fut offert par le duo punk Slaves en première partie.

On savait à quoi s’attendre et on l’a obtenu assurément. Avec Prodigy, pas de chichi. Depuis les débuts, le mot d’ordre est le même : pas de quartier ! En commençant le set par « Breathe », le message était clair. Dès les premières mesures et l’explosion des basses, la foule se soulève et chacun est aspiré aux quatre coins de la salle. Forest National était en mode arène pour gladiateurs vendredi soir avec près de 6.000 péquins ultra-chauds venus se décrasser le cerveau à coups de basses monstrueuses et de high energy.

Vu de l’extérieur, on peut se demander ce qui fait la longévité d’un groupe dont l’explosion médiatique au milieu des années 90 ne laissait pas entrevoir vingt-cinq ans de carrière. La réponse est dans ces live à 100 à l’heure sans aucun temps mort, dans la production du mage Liam Howlett, qui parvient à compresser le son au plus serré pour retrouver au mieux cette énergie primitive et la lâcher sur la foule. Elle est enfin dans la position unique dans laquelle Prodigy se situe, au centre d’un triangle culture rave electro/ punk hardcore/ mais aussi hip-hop. Ainsi, on se dit que le combo londonien n’est peut-être pas pour rien dans l’avènement de la trap.

Le principe est en tout cas peu ou prou le même : deux MC’s qui chauffent le peuple et un metteur en son qui envoie d’énormes basses à se cogner la tête contre les baffles. A ce petit jeu, le nouveau « Need Some1 » rivalise avec les anciens « Poison » et « No Good » comme les plus efficaces et aguicheurs (le dernier album No Tourists revient d’ailleurs aux sonorités des débuts). Pour le reste, Prodigy joue aussi un peu trop sur les codes actuellement en vigueur dans la culture hip-hop US. A savoir arriver trente minutes après l’horaire donné pour jouer un set de seulement une heure dix, certes au taquet, mais avec souvent des interprétations au rabais. Ainsi, si « Smack My Bitch Up » reste le clou de la soirée, il donne un goût de trop peu (trop attendu ou joué de manière trop mécanique?), tout comme le rappel qui finit quelque peu en eau de boudin (l’heure, c’est l’heure?).

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En vrai, le meilleur de la soirée, c’est en première partie qu’il fallait le dégoter, avec le duo punk Slaves, impressionnant de par le boucan qu’ils font à deux et à l’ancienne (guitare-batterie/voix). L’énergie qui ressortait de Forest National vendredi, c’est en bonne partie à eux qu’on la devait et notamment à Isaac Holman, batteur/hurleur/revendicateur qui frappe sur ses fûts comme un viking de la première heure et tout en toisant la foule. Une prestation on ne peut plus physique. En trois albums et quelques chansons parlantes, Slaves a ramené le punk en Angleterre. D’autres combos suivent de près (Shame, Cabbage, IDLES…). Surtout, ces gens ont des choses à dire et c’est comme si l’énergie qu’ils ont dégagé avait résonné dans les rues de Paris, Lyon ou Bruxelles samedi. « The Lives They Wish They Had », comme le dit la chanson. Punk’s not dead !

DIDIER ZACHARIE
Photos MATHIEU GOLINVAUX

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SETLIST Prodigy:
Breathe/ Resonate/ Nasty/ Omen/ Champions of London/ Voodoo People/ Run With the Wolves/ Need Some1/ Poison/ Everybody In The Place/ Firestarter/ Roadblox/ Light Up The Sky/ No Good/ Smack My Bitch Up RAPPEL We Live Forever/ Fire/ Take Me To The Hospital/ Timebomb Zone/ Out Of Space (outro)

SETLIST Slaves: Sockets/ Bugs/ Magnolia/ Fuck The High-Hat/ Cheer Up London/ The Lives They Wish They Had/ Chokehold/ Sugar Coated Bitter Truth/ Beauty Quest/ The Hunter

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Journaliste lesoir.be

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