Murat et son blues auvergnat au Bota

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Jeudi au Botanique, il fallait choisir entre Jeanne Added à la Rotonde et Jean-Louis Murat à l’Orangerie. Choisir, c’est renoncer…

Il est bon de rappeler que Bruxelles est une ville gâtée en termes de concerts. Jeudi, il y avait les Londoniens de Shame à l’AB, la Rémoise de Paris au Bota, dans une Rotonde remplie, tout comme l’Orangerie pour Jean-Louis Murat en version power trio avec les fidèles Fred Jimenez à la basse et Stéphane Reynaud à la batterie.

Jeanne Added, ce petit bout de femme qui ne tient pas en place, étant déjà annoncée aux prochaines Nuits Botanique (le 2 mai, à la même affiche que Claire Laffut), on a délaissé son concert au bout de quelques chansons (calme au début, elle a vite retrouvé ses postures hypnotiques où la musique électro semble la traverser pour une jouissive transe) pour retrouver le Maréchal Murat. Celui-ci était plutôt dans ses bons jours, telle une force tranquille déclinant avec bonheur les perles de son dernier album, Il Francese. Il a bien raison d’être fidèle à sa formule du trio qui lui permet, assis, de se prendre pour un vieux bluesman blanchi sous le harnais. Jean-Louis a inventé le blues auvergnat, nous promenant par monts et vallées dans son univers impressionniste. Son chemin n’est pas tout tracé pour autant, il est sinueux et audacieux, original et envoûtant. Il a tout l’espace nécessaire pour de fulgurantes joutes guitaristiques comme pour ces onomatopées propres au blues du bayou. Jean-Louis n’a même pas à jouer ses vieux tubes, il n’en a pas. De ses vieilleries, il ne chantera que “L’amour qui passe” (Le Moujik et sa femme) ou, en rappel, “Le jour du jaguar” (Lilith). Le roi (imaginaire) de Naples est impérial et détendu, à la fois taquin et concentré sur son métier à tisser. Son groove est contagieux, tout comme celui de Jeanne Added qu’on retrouve, seule à la basse, en rappel. Ils vont finalement bien ensemble ces deux artistes qui prennent des chemins de traverse pour imposer, sur la longueur, leur propre style. Loin des sentiers battus…

THIERRY COLJON
PHOTO MATHIEU GOLINVAUX


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